Après les flammes, la tentation pourrait être de replanter immédiatement. Pourtant, les spécialistes des forêts appellent à la patience. Le sol doit d’abord avoir le temps de se régénérer naturellement pendant au moins une année complète avant d’envisager le reboisement.
C’est le message livré vendredi par Sahbi Ben Dhiaf, directeur de la conservation des forêts à la Direction générale des forêts, dans une déclaration à l’agence TAP.
Après le feu, le temps de la régénération
La reconstruction d’une forêt détruite par les incendies ne peut pas se résumer à planter de nouveaux arbres. Avant toute opération de reboisement, il faut comprendre ce que le feu a réellement détruit et surtout ce que la nature est encore capable de reconstruire seule.
La Direction générale des forêts procède ainsi à une première évaluation des dégâts afin d’identifier les superficies touchées, les interventions nécessaires et les moyens financiers à mobiliser.
Une commission conjointe composée de cadres et d’agents de la Direction générale des forêts et du Commissariat régional au développement agricole de Béja s’est rendue, mercredi 19 août, dans la forêt de Khargalia à Cap Negro, dans le gouvernorat de Béja.
Objectif : mesurer les conséquences des incendies qui ont frappé la région au cours du mois de juillet et déterminer l’état réel des écosystèmes forestiers.
Tout brûlé ne signifie pas tout perdu
La visite a notamment permis d’identifier les zones susceptibles de se régénérer naturellement et celles qui nécessiteront une intervention humaine.
Cette distinction est essentielle. Car une forêt incendiée n’est pas nécessairement une forêt définitivement morte.
Certaines zones peuvent retrouver progressivement leur équilibre naturel. D’autres, en revanche, nécessitent des opérations spécifiques, notamment le nettoyage des superficies brûlées et l’enlèvement des arbres carbonisés ainsi que des résidus laissés par les incendies.
Une feuille de route pour reconstruire
La Direction générale des forêts a également élaboré une feuille de route destinée à mettre en place un plan technique d’urgence pour l’aménagement des forêts touchées et la restauration progressive de leur équilibre écologique.
Mais la priorité reste la même : ne pas brûler les étapes.
Le sol doit d’abord retrouver sa capacité de régénération naturelle avant que les opérations de plantation ne commencent. Une année d’observation et de récupération naturelle constitue ainsi une étape essentielle avant le reboisement.
Plus de 90 incendies en moins de deux mois
L’urgence est d’autant plus grande que le phénomène a pris une ampleur importante cet été.
Selon les données officielles présentées récemment par les unités de la Protection civile, plus de 90 incendies de forêts ont été enregistrés dans plusieurs régions du pays entre le 1er juin et le 25 juillet 2026.
Au-delà des arbres et de la végétation détruits, les conséquences touchent également la faune. Plusieurs animaux sauvages ont perdu leurs habitats naturels, tandis que les impacts sur les sols et les écosystèmes continuent d’être évalués.
Après les flammes vient donc une autre bataille, plus longue et moins spectaculaire : celle de la reconstruction.
Et cette fois, le meilleur allié de la Tunisie pourrait bien être… le temps.




















