La part du commerce intrarégional dans l’espace méditerranéen ne dépasse pas 10 %. Un niveau jugé particulièrement faible au regard du potentiel économique de la région et qui révèle l’ampleur des efforts encore nécessaires pour renforcer l’intégration économique entre les pays méditerranéens.
Intervenant en marge du Forum méditerranéen du commerce international, organisé lundi 5 octobre 2026 à Tunis, l’expert économique Mohamed Salah Frad a estimé que la faiblesse des échanges commerciaux entre les pays de la région constitue aujourd’hui un véritable défi pour le développement des relations économiques méditerranéennes.
Dans une déclaration à l’Agence TAP, Frad a souligné l’importance de ce forum, considéré comme une occasion de réfléchir aux moyens permettant de booster le commerce intrarégional et les transactions économiques entre les différents pays méditerranéens, en tenant compte du potentiel considérable dont dispose la région.
La Tunisie, un carrefour stratégique
Selon l’expert, la Tunisie occupe une position stratégique dans le développement du commerce intrarégional et des échanges économiques en Méditerranée. Cette position lui permettrait de jouer un rôle important dans la facilitation des échanges, le rapprochement des opérateurs économiques et le renforcement des liens commerciaux entre les différents pays de la région.
La participation au forum de plusieurs opérateurs économiques, institutions financières et structures d’appui constitue, selon Frad, un élément essentiel, témoignant de l’importance croissante de ces rencontres pour construire de nouvelles passerelles économiques.
Mais pour l’expert, l’enjeu ne doit pas se limiter aux discussions. Les recommandations issues des forums doivent désormais se transformer en véritables programmes d’action, capables de s’attaquer concrètement aux obstacles qui continuent de freiner le commerce intrarégional.
Des législations qui compliquent les échanges
Parmi les principaux obstacles identifiés figure la multiplicité, la complexité et la disparité des législations entre les pays méditerranéens.
Face à cette situation, Mohamed Salah Frad appelle les opérateurs économiques et les décideurs à travailler ensemble à la mise en place d’un cadre commun permettant de simplifier et d’harmoniser les législations, dans l’intérêt de l’ensemble des pays de la région.
Une meilleure harmonisation réglementaire pourrait ainsi contribuer à fluidifier les échanges et à réduire les contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises souhaitant développer leurs activités au-delà de leurs marchés nationaux.
Simplifier pour investir davantage
Pour Frad, la simplification des procédures et la facilitation des échanges pourraient avoir un impact direct sur la dynamique économique de la région.
Elles permettraient notamment de stimuler les échanges commerciaux, soutenir l’investissement et créer de nouvelles opportunités pour les entreprises et les opérateurs économiques méditerranéens.
L’enjeu dépasse donc largement la seule question du commerce : il s’agit de construire progressivement un espace économique méditerranéen davantage intégré, capable de valoriser les complémentarités entre les différentes économies.
Transformer les risques mondiaux en opportunités
Évoquant enfin la conjoncture économique mondiale, l’expert a relevé que l’augmentation des risques et les mutations de l’économie mondiale imposent de nouvelles réponses.
Dans ce contexte, il appelle à transformer les crises en opportunités en renforçant la coopération entre pays voisins et en donnant davantage de place au commerce intrarégional.
L’objectif est clair : unir les efforts des pays méditerranéens, renforcer leur intégration économique et accroître leur capacité collective à résister aux chocs extérieurs.
Avec un commerce intrarégional qui reste inférieur à 10 %, la Méditerranée dispose ainsi d’une marge de progression considérable. Le défi consiste désormais à transformer cette proximité géographique et ce potentiel économique en véritables échanges, investissements et partenariats.




















