Le marché tunisien des introductions en Bourse dispose encore d’un important potentiel de développement, mais son rythme s’est nettement ralenti ces dernières années. C’est le constat dressé par la Bourse de Tunis (BVMT) dans une récente note consacrée à la dynamique des IPO en Tunisie et dans le monde.
Entre 2008 et 2025, la place de Tunis a enregistré 41 introductions en Bourse, soit une moyenne de 2,3 opérations par an, permettant aux entreprises de lever au total environ 1 451 millions de dinars.
Mais depuis 2017, la dynamique s’est essoufflée : le rythme est tombé à environ une introduction par an.
Des secteurs entiers encore absents de la cote
Pour la BVMT, l’un des principaux défis réside dans la faible représentativité de plusieurs secteurs stratégiques. Télécoms, énergie et mines restent notamment peu ou pas présents sur la cote.
La Bourse estime ainsi que l’élargissement de la cote à de nouveaux secteurs, le renforcement du rôle des investisseurs institutionnels et la relance du marché alternatif constituent des leviers essentiels pour redynamiser les IPO.
Mais l’enjeu ne consiste pas uniquement à multiplier les introductions. Il s’agit également de garantir aux sociétés cotées une liquidité suffisante, une profondeur de marché et un environnement suffisamment attractif pour les émetteurs et les investisseurs.
2026 : le monde des IPO repart à l’offensive
À l’international, les perspectives pour 2026 apparaissent plus favorables, notamment grâce aux projets d’introduction de grands acteurs technologiques.
Le secteur technologique demeure le principal moteur du marché mondial des IPO, avec les États-Unis et la Chine en tête.
Parmi les opérations les plus spectaculaires évoquées figure SpaceX, avec un projet de levée pouvant atteindre 75 milliards de dollars et une valorisation proche de 1 800 milliards de dollars, selon les projections citées dans la note.
Le défi tunisien : rendre la Bourse incontournable
La BVMT recommande notamment d’adapter le cadre réglementaire et de revoir les mécanismes d’incitation à la cotation, afin d’encourager davantage les entreprises à se financer sur le marché.
Le véritable défi pour la place tunisienne est donc désormais clair : attirer de nouvelles entreprises, diversifier les secteurs cotés et surtout renforcer la confiance et la liquidité du marché.




















