Tunisair parvient à maintenir le cap, mais les turbulences s’intensifient. Au deuxième trimestre 2026, la compagnie nationale a enregistré des revenus de 393 millions de dinars, quasiment stables par rapport aux 394 MD réalisés durant la même période de 2025.
Une stabilité qui pourrait, à première vue, rassurer. Mais derrière ce chiffre se cachent plusieurs signaux qui témoignent d’un environnement de plus en plus difficile pour le transporteur national.
Le trafic recule sous l’effet des tensions régionales
Tunisair a transporté 656 248 passagers au deuxième trimestre 2026, soit une baisse de 1 % sur un an. Cette légère contraction est notamment attribuée aux répercussions du conflit dans la région du Golfe.
La recette moyenne, de son côté, est restée stable, permettant à la compagnie de préserver son niveau de revenus malgré le recul du nombre de voyageurs.
Une nette amélioration de la ponctualité
Sur le plan opérationnel, Tunisair affiche toutefois une évolution positive. Le taux de ponctualité est passé de 39 % à 54 %, soit une amélioration significative par rapport au deuxième trimestre 2025.
Mais cette progression s’accompagne d’une baisse du taux de remplissage kilométrique, qui s’est établi à 71,6 %, contre 75,2 % un an auparavant.
Le coefficient de chargement a également légèrement diminué, passant de 62,7 % à 62,4 %.
Le carburant, la nouvelle épée de Damoclès
Le principal point de pression concerne toutefois les dépenses de carburant.
Celles-ci ont fortement augmenté au deuxième trimestre 2026, sous l’effet de la flambée des cours du pétrole Brent, mais aussi de l’élargissement du crack spread, c’est-à-dire l’écart entre le prix du pétrole brut et celui du kérosène aviation JET A1.
Cette envolée des coûts intervient alors que la compagnie doit composer avec un trafic légèrement en retrait et un taux de remplissage inférieur à celui de l’année précédente.
Une stabilité qui cache une équation de plus en plus difficile
Le bilan du deuxième trimestre est donc contrasté : Tunisair réussit à préserver ses revenus, améliore sensiblement sa ponctualité, mais subit la pression du contexte géopolitique et surtout celle de la facture énergétique.
Avec des revenus pratiquement inchangés, mais des coûts de carburant en forte hausse, l’enjeu pour la compagnie sera désormais de préserver ses marges et d’améliorer ses performances opérationnelles.
Derrière les 393 millions de dinars de revenus, une réalité s’impose : Tunisair tient le cap… mais le coût du voyage devient de plus en plus lourd.




















