L’information vient de tomber avec comme un parfum de scandale en France et qui implique la protection civile tunisienne. En effet, selon la vice-présidente du Rassemblement National de Marine Le Pen, Edwige Diaz, Gabriel Attal, ex premier ministre français, a réduit de 50 millions d’euros le budget de la Sécurité civile en France et l’a donné à la Protection civile en Tunisie. L’information a été vérifiée par France info et qui confirme que c’est de l’intox. La France n’a jamais donné cette somme. C’est un prêt de l’Agence française de Développement. Ces révélations et ces contre-vérités s’intègrent dans le cadre des guerres politiques menées en France qui ne nous intéressent pas du moins pour le moment. Mais ce qui risque de nous intéresser plus c’est la réponse donnée par l’AFD à Franceinfo.
L’information qui intrigue :
L’AFD confirme que c’est un prêt dans le cadre d’un accord de financement signé en septembre 2024, entre la Tunisie et la France. Après les inondations qui ont causé la mort de cinq personnes dans le nord-est du pays en 2018, la Tunisie a décidé de moderniser son dispositif de secours. Le prêt est accordé avec un taux d’intérêt de 3%.
Et à l’AFD d’ajouter, pour motiver ce prêt, que 64% des financements de l’AFD en Tunisie ont été décrochés par des entreprises françaises dans le cadre d’appels d’offres, c’est-à-dire 2 projets sur 3 remportés par des français. Dans ce cas ne peut-on pas considérer que c’est des prêts liés ou conditionnés. Ne peut-on pas se poser la question sur la réalisation des cahiers des charges des appels d’offres qui peuvent être taillés aux entreprises françaises potentielles de remporter ces marchés ? Ces questions sont légitimes puisque c’est le contribuable tunisien qui va en fin de compte rembourser ces prêts. La question mérite d’être posée et des vérifications sont nécessaires à notre sens.
AFD : Une présence historique en Tunisie
Pour information, l’AFD est présente en Tunisie depuis 1992. Selon le site de l’Agence, en près de 35 ans, l’AFD a soutenu environ 200 projets pour près de 4 milliards d’euros (d’engagements financiers).
Aujourd’hui, 83 projets sont en cours, représentant un volume total de 2,14 milliards d’euros, répartis entre financements publics, appui au secteur privé et coopération technique. En 2024, 138 M€ de nouvelles conventions ont été signées.
Au mois de Septembre 2025, et à l’occasion de la visite du directeur général de l’AFD en Tunisie, plusieurs conventions de financement ont été signées par la Tunisie pour un montant global de 54,5 millions d’euros. Parmi les projets financés par ces prêts, un appui budgétaire de 5 millions d’euros pour soutenir l’inclusion économique des ménages les plus vulnérables et un financement de 7 millions d’euros qui vise à renforcer le secteur de la formation professionnelle et à promouvoir la mobilité professionnelle des jeunes Tunisiens.
L’AFD demeure encore et toujours un partenaire privilégié pour la Tunisie, vu que les projets financés sont en symbiose avec les priorités du pays. Mais avec 64% des financements réalisés par des entreprises françaises, plusieurs questions se posent sur les procédures de passation de ces appels d’offres et la nature même de ces financements.




















