Le marché obéit en principe à la règle de l’offre et de la demande. Le marché est aussi contrôlé et régulé par des institutions qui garantissent le respect de cette règle afin de garantir les prix justes pour les producteurs comme pour les consommateurs. Or cette règle n’est pas respectée en Tunisie. Les marchés sont incontrôlés, et échappent à toute surveillance. C’est enfin le consommateur qui va payer les frais.
Depuis des mois les perturbations sur les marchés et les circuits de distributions en général en Tunisie sont devenues une situation quasi-normale. Des produits dont les prix augmentent subitement, d’autres disparaissent des étalages et réapparaissent avec de nouveaux prix. Certains produits agricoles et surtout les fruits et en pleine saison de production affichent des prix hors de portée des consommateurs, d’autres et malgré leur abondance dans les marchés de gros leurs prix ne baissent pas.
Les cas illustrant ces situations sont multiples. Depuis quelques jours les prix de l’œuf sont passés de 800 millimes les 4 à plus de 1400 millimes les 4 sans aucune explication ou motif apparent. Les prix des volailles (dinde et poulet PAC) ont augmenté de plus 4 dinars au kilo en une semaine.
Le prix des raisins, pourtant en pleine saison ne sont pas tombés en dessous des 7 dinars, malgré l’abondance dans les marchés de gros.
Les figues atteignent des sommets avec des prix entre 10 et 20 dinars le kilo.
Les prix des viandes rouges sont restés à leur haut niveau malgré la baisse de la consommation et l’existence d’un cheptel relativement suffisant. Un kilo de Habra de bœuf est vendu en moyenne 52 dinars le kilo, alors que la viande d’agneau est vendue comme des mois à 61 dinars le kilo.
Le prix d’un pack de 6 bouteilles d’eau minérale de 2 litres est passé de 4 dinars à plus de 7 dinars, malgré que les producteurs ont affirmé qu’ils n’ont pas augmenté les prix à la vente ni baissé leur production. Les distributeurs remplissent leurs poches au passage, et les commerçants évitent de constituer un stock afin de ne pas être sanctionné par les agents de contrôle économique.
Selon l’indice des prix à la consommation les prix des produits alimentaires affichent une hausse de plus de 8%, alors que les fruits et légumes
Cette situation est devenue insupportable pour les consommateurs qui peinent à arrondir leurs fins des mois et qui souffrent le martyr pour subvenir aux besoins alimentaires essentiels.
Les hausses des prix et les perturbations de l’approvisionnement sont parfois explicables et compréhensibles, mais dans plusieurs cas sont injustifiés. Il est important que les organes de contrôle et de surveillance du marché redoublent d’effort et changent de méthode afin de combattre la spéculation et les pratiques anticoncurrentielles. C’est ainsi qu’il faut intégrer la technologie et même l’intelligence artificielle afin de suivre les circuits de distribution. Le ministère du commerce doit aussi investir dans la formation et le développement des compétences des quelques 650 agents de contrôle qui se trouvent sur le terrain.
La Tunisie est aujourd’hui dans une situation de crise des circuits de distribution qui nécessite une véritable politique de guerre avec une tolérance « zéro ».




















