Face à une demande d’électricité qui explose et à un système énergétique soumis à une pression croissante, le gouvernement tunisien accélère le lancement de plusieurs projets publics stratégiques.
La Commission des grands projets a décidé, lundi, le lancement immédiat des procédures d’extension de la centrale électrique de Borj El Amri, son intégration parmi les grands projets à caractère stratégique, ainsi que le parachèvement de deux autres projets majeurs : l’hôpital régional de Thala et la Cité numérique d’Ennahli.
Présidée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, la réunion a placé la sécurité énergétique, la santé et la transformation numérique au cœur des priorités.
Borj El Amri : jusqu’à 400 MW supplémentaires
Le projet d’extension de la centrale de Borj El Amri prévoit notamment l’installation d’une troisième turbine à gaz d’une capacité comprise entre 250 et 400 MW.
L’investissement est estimé à près de 600 millions de dinars, avec une mise en exploitation prévue à l’été 2027.
L’objectif est clair : renforcer rapidement la capacité nationale de production d’électricité et réduire la pression exercée sur le réseau lors des périodes de forte consommation.
Car les chiffres donnent la mesure du défi.
La demande nationale d’électricité progresse actuellement de 4 à 5 % par an. En juillet 2026, le pic de consommation a atteint un niveau record de 6 400 MW, contre 5 175 MW un an auparavant.
Une envolée qui confirme la nécessité d’augmenter les capacités de production et de moderniser simultanément le réseau électrique.
Fin des délestages : un objectif désormais affiché
L’extension de Borj El Amri doit contribuer à rétablir un meilleur équilibre entre production et demande et, surtout, à réduire le recours à l’allègement des charges pendant les pics de consommation.
La cheffe du gouvernement a ainsi appelé à engager immédiatement le projet, parallèlement à plusieurs autres programmes énergétiques portant sur :
- le développement du réseau électrique ;
- l’installation de compteurs intelligents ;
- le renforcement des capacités de stockage ;
- l’amélioration du rendement énergétique.
Pour le gouvernement, la sécurité énergétique est désormais une priorité stratégique, à la fois pour garantir l’approvisionnement des ménages et pour préserver la compétitivité de l’économie tunisienne.
Thala : un hôpital de 105 lits enfin vers l’achèvement
Autre projet attendu dans les régions intérieures : l’hôpital régional de catégorie B de Thala, dans le gouvernorat de Kasserine.
La Commission des grands projets a décidé d’accélérer le parachèvement des travaux et l’attribution des marchés restants.
L’établissement disposera d’une capacité de 105 lits et comprendra notamment des services de consultations externes, des laboratoires, une banque de sang, de la radiologie, une pharmacie, des blocs opératoires, un service de réanimation et des urgences.
Le coût est estimé à :
54 millions de dinars pour la construction
+ 15 millions de dinars pour les équipements.
Pour le gouvernement, cet établissement doit contribuer à réduire les disparités régionales et à rapprocher les services de santé des populations de l’intérieur.
Ennahli : la Tunisie veut accélérer dans le numérique
La Commission a également décidé d’accélérer le parachèvement de la Cité numérique d’Ennahli, dans le gouvernorat de l’Ariana.
Le projet doit permettre d’étendre le pôle technologique Tunis Smart Technoparks et de développer de nouveaux espaces dédiés aux technologies avancées.
L’ambition affichée est plus large : créer un environnement capable d’attirer les entreprises innovantes, de stimuler l’investissement et de générer de nouveaux emplois dans les secteurs numériques.
La transition numérique est ainsi présentée comme un levier essentiel pour moderniser l’administration, améliorer la compétitivité des entreprises et positionner la Tunisie comme un pôle régional des services intelligents.
Trois projets, un même objectif : accélérer
Électricité, santé et numérique : à travers ces trois chantiers, le gouvernement veut donner un nouveau rythme aux grands projets publics longtemps confrontés à des retards et à des obstacles administratifs, techniques ou financiers.
Le message de la cheffe du gouvernement est désormais clair : les projets doivent sortir des bureaux et avancer sur le terrain.
L’enjeu dépasse la simple réalisation d’infrastructures. Il s’agit de renforcer la sécurité énergétique, réduire les inégalités régionales, moderniser les services publics, attirer les investissements et créer des emplois.
Avec 6 400 MW de consommation électrique déjà atteints en juillet, l’extension de Borj El Amri apparaît surtout comme une course contre la montre pour éviter que la croissance de la demande ne transforme les prochains étés en nouveaux tests pour le réseau électrique tunisien.




















