Ce qui était il y a quelques jours un début de crise est devenu une véritable crise aujourd’hui. Un nouveau produit intègre le cercle de la spéculation et la pénurie en Tunisie : c’est l’eau en bouteille. Malgré les messages d’assurance de la part des producteurs, l’entrée sur le marché d’une nouvelle marque, le marché enregistre actuellement une véritable pénurie. Les grandes surfaces et même les petits commerçants affichent un stock nul. Aucun pack n’est disponible pour les clients. Même ceux qui en vendent, fixent un quota d’un pack par client.
Cette situation a ouvert la voie à la spéculation. Le pack de 6 bouteilles de 2 litres, qui se vendait à 4 dinars il y a 3 semaines, est vendu aujourd’hui à 5.5 dinars et même 6 dinars. Les restaurants, les hôtels, les cafés, constituent des stocks afin de répondre à une demande croissante et assurer un service normal dans leurs établissements. Les ménages qui ont des malades qui ne doivent boire que de l’eau minérale trouvent des difficultés énormes à s’approvisionner.
Face à cette situation, les organes de contrôle économiques sont impuissants et surtout absents. Les saisies enregistrées sont médiocres. Une première saisie a été faite dans un dépôt à Sousse de 73.000 bouteilles et 5670 bouteilles saisies à Hammamet alors que nous consommons en moyenne 10 millions de litres/jour. Une goutte d’eau dans un océan.
Les circuits de distribution semblent échapper à la maitrise des services concernés, les lobbys et les spéculateurs profitent de la situation. Une cellule de gestion de crise est nécessaire rien que pour l’eau en bouteille afin de mettre fin à une pénurie qui s’est déjà installée. En fin de compte c’est le consommateur qui va payer les frais.




















