L’Union Européenne se met de plus en plus au vert dans une démarche de décarbonation totale. Ce processus impose de nouvelles exigences pour les produits commercialisés sur le marché européen. Dans ce cadre le règlement (UE) 2025/40 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, modifiant le règlement (UE) 2019/1020 et la directive (UE) 2019/904, et abrogeant la directive 94/62/CE entrera en vigueur à partir du 12 Août 2026. Il va imposer de nouvelles exigences techniques et environnementales pour les emballages de produits commercialisés et exportés vers l’union européenne. Un nouvel obstacle et un nouveau défi pour nos exportateurs qui ne sont pas prêts pour ce grand changement. Il est évident que nos exportations vers l’UE vont certainement subir un nouveau coup de frein.
Une nouvelle norme stricte :
La nouvelle législation impose des exigences strictes en matière de durabilité, d’étiquetage et de recyclabilité tout au long du cycle de vie des contenants. Elle prohibe notamment l’usage de substances chimiques nocives comme le bisphénol A, tout en limitant le taux de vide dans les colis à 50%. Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), souvent utilisées pour imperméabiliser les emballages alimentaires, seront interdites au-delà d’un seuil défini. La somme des concentrations de plomb, cadmium, mercure et chrome hexavalent issus des substances présentes dans les emballages ou les composants d’emballage ne doit pas dépasser 100 mg/kg.
Les opérateurs devront également fournir une déclaration de conformité, archiver la documentation technique, intégrer un identifiant traçable tel qu’un code QR et mettre en place des systèmes de collecte pour les emballages réutilisables. Le règlement impose des taux minimums de matières recyclées dans les emballages plastiques :
- 10 % à 35 % de plastique recyclé en 2030,
- Jusqu’à 65 % en 2040.
La loi vise tous les types d’emballages : alimentaires, industriels, e-commerce, logistique, etc. De ce fait, le règlement fixe des objectifs mesurables de réduction des emballages :
- -5 % d’ici 2030 ;
- -10 % d’ici 2035 ;
- -15 % d’ici 2040.
Le règlement s’applique à toutes les entreprises qui mettent des emballages sur le marché en Europe, quel que soit leur secteur ou leur taille. Il concerne à la fois les producteurs, les distributeurs, les importateurs et les utilisateurs finaux.
On n’est pas prêt :
Des centaines d’entreprises tunisiennes exportent des produits alimentaires emballés vers le marché européen. On retrouve l’huile d’olive, les dattes, les conserves, les produits de la pêche, ….Pour pouvoir garder leur place sur le marché européen, les exportateurs tunisiens doivent respecter la réduction des déchets, l’utilisation de matériaux recyclables et la conformité technique. Le secteur de l’emballage en Tunisie compte plus de 850 entreprises, dont une grande partie est en veilleuse ou en activité réduite. Plusieurs de ces entreprises ne peuvent pas se conformer à ces nouvelles exigences.
Sur terrain, on n’enregistre aucune campagne de communication et d’information au profit des opérateurs, ni au niveau du Centre Technique de l’Emballage ou du Centre de Promotion des Exportations ou de la centrale patronale l’UTICA. Pourtant l’entrée en vigueur de ce règlement va bloquer les exportations tunisiennes qui ne sont pas conformes. Un silence total sur ce sujet stratégique pour nos exportateurs.
Plusieurs entreprises tunisiennes vont trouver des difficultés à se conformer à cette nouvelle exigence car elles n’ont pas été préparées ou assistées.




















