Alors qu’on essaie de présenter des chiffres qui confirment la résilience de l’économie nationale, tombent des chiffres qui montrent le contraire. Les chiffres du commerce extérieur pour le mois de Juin 2026, sont tombés comme une bombe à fragmentation. Le déficit commercial ne cesse de s’enliser, le taux de couverture qui chute drastiquement, et une situation intenable qui commence à se faire sentir à plusieurs niveaux de l’économie.
Un taux de couverture de 73.4% :
Selon les récents chiffres du commerce extérieur publiés par l’INS, le déficit commercial s’est creusé pour atteindre -12569,4 MD durant le premier semestre de l’année 2025 contre -9900,4 MD en 2024 et -8017 MD en 2023. Le taux de couverture a atteint un niveau de (73,4%) contre (76,2%) durant la même période de l’année 2025 et 79.9% en 2024. Un résultat enregistré suite à la hausse des exportations de 9% et des importations de 13,3%.
Le déficit enregistré provient principalement du groupe des produits énergétiques de (-6779,3 MD), des matières premières et demi-produits de (-3266,4 MD), des biens d’équipement de -2228,4 MD et des biens de consommations (-1267,2 MD). Le déficit de la balance commerciale hors énergie se réduit à -5790,1 MD. Le déficit énergétique constitue encore plus de 50% du déficit global. La hausse de l’importation des produits énergétiques a atteint 33.5% durant les 6 premiers mois de l’année. La Tunisie enregistre cette année le plus grand déficit énergétique depuis 3 ans. L’impact de la guerre sur l’Iran se sent actuellement dans l’os et se matérialise au niveau du déficit du commerce extérieur.
Aucune contre-mesure :
Le plus inquiétant dans l’aggravation du déficit commercial est l’impuissance et l’immobilisme du gouvernement. La situation s’aggrave mais on n’enregistre aucune contre-mesure. Les projets de transition énergétique tournent au ralenti et on ne sent pas une volonté d’accélérer les projets en cours ou inciter à investir.
Sur un autre plan, la politique d’exportation de la Tunisie pilotée principalement par le CEPEX est encore très classique basée sur les séminaires, les rencontres, et les programmes « réchauffés» (task force export, évaluation de la participation à l’expo universelle,….). La hausse de 9% des exportations enregistrée durant les 6 premiers mois est due principalement à la hausse des exportations d’huiles d’olives au niveau de 3383,8 MD contre 2346,6 MD en 2025. Un produit qui s’exporte automatiquement sans même l’intervention d’un organisme de soutien vu la notoriété de l’huile d’olive tunisienne et l’existence d’une demande mondiale.
De son côté la Banque Centrale n’a livré aucune évaluation de l’impact de la circulaire concernant le financement des importations. Une circulaire qui avait pour mission de réduire le déficit commercial et limiter les importations. Or c’est un effet contraire qu’on enregistre.
Le dérapage du déficit commercial semble plus que jamais hors de contrôle.




















