Malgré le contexte international perturbé par les tensions géopolitiques et l’incertitude économique persistante, la Tunisie a réussi à attirer plus de 1.17 milliards de dollars en 2025 selon le rapport de la CNUCED sur l’investissement dans le monde publié le 7 Juillet dernier, enregistrant une hausse de 35.2%.
Cette hausse dépasse même celle des investissements mondiaux qui ont augmenté de 6 % pour atteindre 1600 milliards de dollars en 2025. Hors flux de transit via les grands centres financiers européens, la hausse atteint 4 % après deux années consécutives de baisse.
Outre les 1.17 milliards de dollars d’IDE en Tunisie en 2025, 37 millions de dollars ont été investi par des tunisiens à l’étranger (FDI outflaws).
Jusqu’en 2025, le stock d’investissement direct étranger en Tunisie a totalisé 44.4 milliards de dollars, contre 794 millions de dollars seulement investi à l’étranger par des tunisiens.
Le rapport annonce aussi un grand projet émirati dans l’hydrogène en Tunisie. En effet, les Émirats arabes unis se sont particulièrement distingués par de récents mégaprojets réalisés ex nihilo. Parmi les exemples notables figurent le projet d’énergie renouvelable Infinity Power en Mauritanie (34 milliards de dollars), le projet immobilier Ras El Hikma en Égypte (24 milliards de dollars) et le projet d’hydrogène H2 Global Energy en Tunisie (6 milliards de dollars).
Lors du récent Tunisia Forum Investment, le directeur général de la FIPA avait annoncé qu’au cours des 4 premiers mois les IDE ont atteint 1.300 millions de dinars, enregistrant une progression de 25 %. L’objectif pour la Tunisie est d’atteindre 4.000 millions de dinars cette année.
Selon le rapport de la CNUCED, la croissance des IDE dans le monde se concentre sur un nombre restreint d’économies et dans des secteurs à forte intensité de capital et de technologie. Les gouvernements deviennent également plus sélectifs. Ils ciblent l’énergie propre, les infrastructures numériques, la fabrication avancée et les minerais essentiels.
Pour les pays en développement, le défi consiste à trouver des points d’entrée réalistes, à renforcer les bases de l’investissement et à accroître son impact sur le développement.
Les régions en développement ont connu des trajectoires différentes. L’Asie en développement est restée la première région en développement récipiendaire, avec 644 milliards de dollars. L’Amérique latine et les Caraïbes ont reçu environ 188 milliards de dollars, soit une hausse de 14 %. L’Afrique a reçu 70 milliards de dollars, en baisse par rapport à une année exceptionnelle en 2024 mais toujours un tiers au-dessus de sa moyenne de 2010 à 2024.
Les pays les moins avancés ont reçu 43 milliards de dollars, soit une augmentation de 21 %. Mais cela ne représente que 2,7 % des flux mondiaux.
L’investissement dans les secteurs stratégiques explose tandis que l’industrie manufacturière recule.
L’investissement est en plein essor dans cinq secteurs stratégiques : infrastructures pour l’intelligence artificielle, technologies avancées, minerais essentiels, technologies liées à la transition énergétique et semi-conducteurs.
Les annonces de nouveaux projets (greenfield) dans ces secteurs sont passées de 109 milliards de dollars en 2020 à 576 milliards en 2025. Leur part de l’investissement greenfield mondial est passée de 16 % à 44 %.




















