Dans ces temps difficiles pour les ménages tunisiens, obtenir un crédit bancaire est devenu une nécessité et surtout une performance. Les banques sont de plus en plus réticentes à donner des crédits aux particuliers. Les banquiers cherchent toujours à avoir toutes les garanties nécessaires afin d’éviter les défauts de paiement : domiciliation de salaire, titularisation, hypothèque…Et pourtant, selon les chiffres de la Banque Centrale, publiés dans le rapport annuel, certains ménages trouvent des difficultés à honorer les mensualités envers les banques. Une situation qui va en s’empirant et qui menace des milliers de ménages de « faillite » ou cessation de paiement.
L’encours des crédits aux particuliers n’a pas cessé de baisser au cours des dernières années. Il a atteint au mois de Mars 2026 le niveau de 30297 Millions de dinars.
Selon le rapport de la Banque Centrale présenté récemment au président de la République par le gouverneur, les crédits accordés aux particuliers, ont enregistré une hausse moins prononcée (+441 Millions de dinars contre +644 Millions de dinars en 2024) résultant de l’effet conjugué de la légère accélération des crédits à la consommation (+511 Millions de dinars contre +458 Millions de dinars) et de la contraction des crédits destinés à l’acquisition de logements (-198 Millions de dinars contre +130 Millions de dinars). L’acquisition des logements est devenue de plus en plus difficile à cause des prix de l’immobilier.
Les crédits aux particuliers ont atteint 30.535 Millions de dinars dont 17.178 Millions de dinars sont destinés à la consommation. 28% des crédits à la consommation sont de courte durée, le reste est de moyenne ou longue durée. Plusieurs ménages choisissent des durées longue ou moyenne afin de faire baisser les mensualités des crédits et sans prendre en considération le montant final à rembourser.
Sur un autre plan les ménages ont de plus en plus de difficultés à obtenir des facilités de leurs agences bancaires. Les banquiers sont de plus en plus réticents à donner ce genre de facilités. C’est ainsi que le découvert bancaire pour les ménages a baissé de 1.7% passant de 1931 MD en 2024 à 1899 MD en 2025. Il y a quelques années les banquiers accordent ces découverts communément appelés « le rouge » à la tête du client et selon les affinités. Actuellement ces facilités sont considérées comme des crédits de très courte durée auxquels on applique les taux les plus élevés (+13%) et obéissent aux démarches administratives des crédits bancaires.
La part des crédits aux particuliers est en baisse par rapport à l’enveloppe totale des concours des banques à l’économie. En effet, l’encours des crédits, hors engagements par signature, dispensés par les banques et les établissements financiers à l’économie, tels que recensés par la Centrale des risques et la Centrale des crédits aux particuliers, a atteint près de 123 milliards de dinars au terme de l’année 2025, enregistrant ainsi une augmentation de 3,1% contre 2,8% une année auparavant. Par ailleurs, en termes de part dans l’encours des crédits à l’économie, les crédits aux particuliers ont poursuivi leur tendance baissière revenant de 25,2% à fin 2024 à 24,8% à fin 2025.
S’agissant des créances impayées ou en contentieux, celles-ci ont maintenu leur tendance haussière passant de 1.383 Millions de dinars à fin 2024 à 1.414 Millions de dinars à fin 2025. Cette évolution intervient alors que l’encours des radiations des crédits aux particuliers a progressé de 251 Millions de dinars pour atteindre 431 Millions de dinars à fin 2025. La part des créances impayées ou en contentieux dans les crédits aux particuliers s’est maintenue à 4,6%. Les créances en contentieux totalisent un encours de 726.4 millions de dinars. Cette situation est très inquiétante alors que les banques s’entourent de toutes les garanties nécessaires et possibles pour éviter un défaut de paiement. Des milliers de ménages éprouvent des difficultés énormes à honorer leurs engagements auprès des banques. Un constat à étudier et qui est en relation avec le surendettement des ménages.




















