Depuis Le Caire, la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a publié une nouvelle note d’analyse mettant en lumière les grands défis qui façonnent le commerce et l’investissement en Afrique, dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et l’incertitude économique.
Le rapport souligne que le commerce africain reste encore fortement dépendant des exportations de matières premières — notamment les produits agricoles, le pétrole, le gaz et les minerais — tandis que les importations sont dominées par les produits manufacturés et les équipements industriels. Cette structure expose de nombreuses économies africaines à une forte vulnérabilité face aux chocs extérieurs, notamment la volatilité des prix des matières premières et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Selon Afreximbank, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constitue un levier stratégique majeur pour transformer cette réalité. L’institution estime que la mise en œuvre progressive de la ZLECAf pourrait permettre une hausse de plus de 20 % du commerce intra-africain au cours de la prochaine décennie, en renforçant les chaînes de valeur régionales et l’industrialisation du continent.
Le rapport insiste également sur l’urgence d’investir massivement dans les infrastructures clés : énergie, transport, ports, logistique et réseaux de communication. Ces investissements sont jugés essentiels pour réduire les coûts commerciaux, améliorer la compétitivité et attirer davantage de capitaux.
Autre signal encourageant : les investissements domestiques et étrangers progressent dans plusieurs économies africaines, tandis que la fintech joue un rôle croissant dans le financement des entreprises, en particulier des PME.
Le Dr Yemi Kale, économiste en chef d’Afreximbank, a rappelé que les institutions régionales de financement jouent désormais un rôle central dans le soutien au commerce intra-africain, notamment à travers des initiatives comme le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) et la Foire commerciale intra-africaine.
Malgré les progrès enregistrés, Afreximbank avertit que de grands défis structurels persistent. Pour libérer pleinement le potentiel économique africain, le continent devra accélérer la transformation locale de ses ressources, renforcer ses mécanismes de financement et approfondir son intégration régionale.
Le message est clair : l’Afrique dispose d’un potentiel immense, mais son décollage économique dépendra de sa capacité à créer davantage de valeur sur son propre sol.




















