L’économie est de plus en plus liquide. Il faut accepter que l’économie tunisienne soit « indécashable ». C’est ainsi que selon la Banque Centrale de Tunisie, les billets et monnaie en circulation ont atteint un record absolu de 29.4 milliards de dinars. Aucun répit n’a été enregistré à ce niveau depuis des mois. La fête de l’Aid El Kebir, ou la majorité des transactions se font en cash a contribué à cette hausse dangereuse du cash.
Pour pouvoir comparer ce chiffre il est important de rappeler qu’au 23 janvier 2026, l’encours de la monnaie fiduciaire a atteint 27065 millions de dinars, et qu’il était à 22562 millions de dinars au 23 janvier 2025. A la fin 2015, ce chiffre était de l’ordre de 8 856 millions de dinars. Il a été ainsi multiplié par plus de 3 en 10 ans.
Le plus inquiétant est que cette montée de l’argent liquide dans l’économie bénéficie énormément à l’économie informelle, qui représente selon des études sérieuses plus de 45% de l’économie nationale.
Cette situation est le résultat de plusieurs facteurs tel que :
- L’amendement de la loi sur les chèques, qui a contribué à la hausse considérable du recours au cash
- L’article 57 de la loi des finances qui a autorise le règlement intégral en espèces de toutes les transactions sans aucun plafonnement, abrogeant une disposition en vigueur depuis 2019 qui prohibe le paiement en cash les transactions d’un montant égal ou supérieur à 5.000 dinars.
- L’Aid El Kébir,
- Une culture du cash ancrée dans l’esprit des tunisiens,
- Le retard dans le développement des projets de paiements électroniques,
- Le blocage au niveau de la stratégie nationale pour le décashing établie depuis 2018 et l’absence de volonté politique sur ce dossier.
Cette situation est très dangereuse pour l’économie nationale et risque de contribuer à la montée de l’inflation dans les prochains mois.
C’est aussi une situation qui va contribuer à l’évasion fiscale et la baisse des recettes de l’Etat.
Le gouvernement ainsi que la Banque Centrale doivent prendre des mesures courageuses pour faire face à cette situation dommageable pour l’économie nationale.




















