Le géant informatique Microsoft publie périodiquement son rapport intitulé « Global AI Diffusion » qui trace le niveau d’adoption de l’intelligence artificielle dans le monde. Il vient de sortir cette semaine son édition pour le premier trimestre de l’année 2026. La Tunisie y figure et améliore déjà sa performance, mais reste en deçà des attentes et du vrai potentiel.
Une moyenne mondiale à 17.8% :
Selon le rapport, l’adoption mondiale de l’intelligence artificielle a continué de progresser au premier trimestre 2026. Durant ce trimestre, l’utilisation de l’IA a augmenté de 1,5 point de pourcentage, passant de 16,3 % à 17,8 % de la population mondiale en âge de travailler. L’intensité d’utilisation parmi les économies affichant les taux de diffusion de l’IA les plus élevés a également augmenté, 26 économies dépassant désormais les 30 % de la population en âge de travailler utilisant l’IA.
Parallèlement, le fossé entre les pays du Nord et les pays du Sud continue de se creuser, l’adoption de l’IA générative progressant plus de deux fois plus vite dans les pays du Nord que dans ceux du Sud.
Au premier trimestre 2026, 27,5 % de la population des pays du Nord utilisait l’IA générative, contre 24,7 % au second semestre 2025, soit une hausse de 2,8 points de pourcentage. Dans les pays du Sud, ce taux atteignait 15,4 %, contre 14,1 %, soit une progression de 1,3 point de pourcentage.
Ce fossé grandissant reflète les défis systémiques auxquels sont confrontés les pays du Sud, où l’accès limité à une électricité fiable, à la connectivité internet et aux compétences numériques continue de freiner l’adoption de l’IA générative.
En 2025, le nombre total de développeurs de logiciels a atteint environ 2,2 millions, en hausse de 8,5 % par rapport à l’année précédente, un record pour la profession. Les premières données montrent également que l’emploi des développeurs de logiciels en mars 2026 était supérieur d’environ 4 % à celui de mars 2025.
La Tunisie améliore son score :
Selon le rapport de Microsoft, la Tunisie arrive à 80ème place mondiale en matière d’adoption de l’Intelligence Artificielle. Au premier semestre 2025, 12.3% des personnes en âge de travailler utilisent l’IA. Au deuxième semestre le chiffre monte à 12.7%. Au 1er trimestre 2026, ce sont 13.5% des personnes en âge de travailler qui utilisent les outils de l’IA. Une diffusion progressive de l’utilisation de ces outils auprès des tunisiens. Le temps d’utilisation mensuel est d’au moins 90 minutes. Avec le niveau d’éducation des tunisiens, ainsi que le nombre d’ingénieurs informatiques et développeurs, ce score est en deçà du vrai potentiel.
Les Émirats arabes unis dominent largement le monde avec un taux d’adoption supérieur à 70 %, suivis de Singapour à 63 %. Parallèlement, les États-Unis ne figurent pas parmi les 20 premiers pays au monde, malgré la présence de nombreuses entreprises leaders dans le domaine de l’IA. Au niveau des pays arabes le Qatar arrive à la 10ème place avec un taux de 41.8% et l’Arabie Saoudite avec un taux de 29.4%. Le Liban est aussi bien placé dans ce classement avec un niveau d’adoption de l’IA de 27.3%. Le Maroc a un taux d’adoption de l’IA de 11.7%.
L’Europe apparaît également comme un pôle majeur d’adoption de l’IA, avec des pays comme la Norvège, l’Irlande, la France, l’Espagne et les Pays-Bas affichant tous des taux d’utilisation supérieurs à 40 %.
L’utilisation de l’IA en Corée du Sud a progressé de 43,2 % entre le premier semestre 2025 et le premier trimestre 2026, soit la plus forte hausse mondiale. La Thaïlande (36,2 %), le Japon (34,1 %) et la Mongolie (32,2 %) connaissent également une adoption rapide. À titre de comparaison, la croissance aux États-Unis s’est établie à 19 % sur la même période.




















