Un parcours sans égal, une disparition qui pose question : qu’avons-nous vraiment perdu ?
Il y a certaines trajectoires professionnelles qui incarnent l’excellence au-delà de tout doute. Celle de Raouda Boukadida Rouatbi en fait partie. Une femme qui a gravi chaque échelon, qui a atteint les plus hauts niveaux de responsabilité au sein des grandes institutions publiques tunisiennes. Un parcours d’une rigueur exemplaire : le symbole vivant que le mérite existe, que la ténacité aboutit, que l’excellence est possible.
Et puis, elle a choisi la retraite.
C’est là où le bas blesse vraiment.
Le Silence de l’Excellence
Ce qui distingue ce départ de tant d’autres, c’est qu’il n’y a pas de bruit médiatique autour. Pas de grand projet privé, pas de reconversion spectaculaire, pas même de transition à un autre secteur. Juste… un arrêt. Une femme qui a donné ses meilleures années au service public, qui a atteint une position que peu de gens connaissent ou comprennent vraiment, et qui décide simplement de partir.
Et c’est précisément cela qui devrait nous alarmer.
L’Expertise qui Disparaît
Raouda Boukadida Rouatbi n’a pas choisi le secteur privé pour monétiser son expertise – ce qui aurait été une perte brutale mais au moins compréhensible économiquement. Non, elle part simplement. Avec elle s’en vont des années d’expérience, des réseaux professionnels, une connaissance intime des rouages institutionnels, une vision stratégique forgée au fil des défis.
Mais surtout : personne n’a vraiment dit que c’était un problème.
Le Gâchis Silencieux
Voilà le vrai scandale. Pas le départ lui-même – c’est un droit fondamental de partir – mais l’indifférence systémique face à cette hémorragie de compétences. Aucune tentative de transition, aucune transmission formelle de savoir, aucune relève préparée en amont. L’institution continue simplement comme si de rien n’était.
Comment peut-on accepter qu’une telle excellence s’en aille sans que personne ne crie gare ? Comment une organisation peut-elle perdre un pilier sans même envisager sérieusement la succession ?
La Question que Personne ne Pose
Ce qui devrait vraiment nous interpeller, c’est ceci : pourquoi une compétence de ce niveau choisit-elle de quitter complètement plutôt que de continuer ?
N’est-ce pas le signe que quelque chose ne va pas profondément ? Qu’aucune institution publique, malgré son importance, n’a réussi à retenir ou à valoriser une excellence qu’elle a elle-même construite ?
Raouda Boukadida Rouatbi n’a pas le luxe des talents qui partent vers le secteur privé avec un sourire de vainqueur. Elle part tout simplement. Et cette simplicité est le symptôme d’un mal plus grave : l’incapacité du système public à transformer ses compétences exceptionnelles en sources de renouvellement.
Le Vide Invisible
L’avenir professionnel de Raouda Boukadida Rouatbi ? Il est probablement serein. Elle aura sans doute le temps pour elle, pour ce qu’elle souhaite vraiment faire. C’est presque enviable.
Mais l’avenir des institutions qu’elle quitte ? Voilà la vraie question. Elles continuent à fonctionner avec un maillon de moins, sans percevoir véritablement ce qui manque jusqu’au moment où elles en ont vraiment besoin.
Ce n’est pas la retraite de Raouda Boukadida Rouatbi qui devrait nous préoccuper. C’est notre indifférence face à son départ.




















