Les banques publiques étaient et demeureront un soutien indéfectible pour la politique économique du pays. Plusieurs industries et secteurs ont été bâtis grâce à des financements et un accompagnement des banques publiques. Les 3 banques publiques BNA, STB et BH représentent plus du 1/3 des actifs du secteur bancaire.
Pendant longtemps les banques publiques ont représenté un grand fardeau sur les finances publiques. L’Etat était constamment obligé de refinancer mais sans des exigences au niveau de l’amélioration de la gouvernance. Ces banques publiques ont aussi souffert des dettes colossales du secteur touristique. Le plus gros lot de cette dette a été supporté par la STB.
Après 2011, les tunisiens ont découvert l’ampleur des financements des banques publiques pour le clan de la famille présidentielle. Selon le rapport de la Banque Mondiale publié en 2014, les banques tunisiennes ont financé les entreprises en relation avec la famille du président Ben Ali à hauteur de 1.75 milliards de dinars (ou environ 2.5 pourcent du PIB), l’équivalent de 5% de tout le financement accordé par le secteur bancaire tunisien et près de 30% de l’argent liquide a été accordé sans garantie de remboursement.
Entre 2013 et 2014 un audit des trois banques publiques a été initié afin de les restructurer et améliorer leur gouvernance. L’audit a surtout fait ressortir que « les trois plus grandes banques publiques présentent un ratio moyen de solvabilité de 9%, un ratio moyen officiel de créances accrochées d’environ 15%, un ratio moyen de provisionnement de moins de 50% et un rendement moyen des capitaux propres d’environ 6%. Ces chiffres sont nettement plus défavorables que les moyennes comparables pour les banques privées » (rapport banque mondiale- The Unfinshed Revolution). De l’argent a été injecté à la suite de cet audit. Les montants dépassaient les 500 millions de dinars.
15 ans après les banques publiques ont fait du chemin. Les résultats pour 2025 dressent un tableau mitigé. La BNA et la STB montrent des signes clairs de convalescence, pour la BH la situation est encore difficile.
Le résultat net de la BNA dégage des bénéfices de 274 millions de dinars en hausse de 28.5% par rapport à 2024. La STB réalise un résultat net de 65.9 millions de dinars en hausse de 3.6%, alors que la BH réalise un résultat net de 39.7 millions de dinars en baisse de 43.5% par rapport à 2024.
Pour pouvoir comparer, la première banque de Tunisie, la BIAT a réalisé un résultat net de 385.3 millions de dinars en 2025 en hausse de 8% par rapport à 2024.
Malgré son importance, son historique et ses capitaux la BH n’est classée qu’à la 9ème place en termes de résultat net, la STB est à la 7ème place.
Le produit Net Bancaire de la BH a chuté de 6.9% à 692.6 millions de dinars, alors que celui de la BNA il a augmenté de 11.4% à 1087 millions de dinars et celui de la STB a augmenté de 7.5% à 698 millions de dinars.
Ces chiffres confirment que la BNA est en train de prendre le large malgré les créances de certaines entreprises publiques et principalement l’office des céréales, la STB qui s’accroche et donne des signes de bonne santé, alors que la BH est appelé à revoir ses agrégats et moderniser son système.
Cette situation remet sur la table le projet lancé depuis les années 2000 pour la fusion des 3 banques publiques afin de créer un champion national capable de mobiliser les financements nécessaires pour l’économie nationale et accompagner les entreprises tunisiennes à l’international. Un projet qui doit être revu encore une fois à la lumière des chiffres actuels et des perspectives de l’économie tunisienne.




















