Outre leur impact sur les prix du carburant, la guerre sur l’Iran est une bombe à fragmentation. Le cours mondial du sucre vient d’enregistrer une hausse importante. La Tunisie, à travers l’OCT est importateur net de sucre. Un produit dont les prix sont subventionnés. Cette hausse va encore augmenter les souffrances de l’Office du Commerce de Tunisie. En effet, l’OCT est déficitaire de plus de 450 millions de dinars. L’institution exige chaque année du gouvernement le versement de sa prime d’équilibre qui équivaut à la différence entre le coût réel et les prix de vente public des produits qu’elle importe (café, riz, sucre, thé,….) ; mais ne l’a jamais obtenue.
En guise de compensation, la loi de finance pour 2026 a stipulé l’annulation de plusieurs dettes accumulées par l’Office — notamment celles dues à la douane, les amendes, les pénalités de retard et les contentieux liés à la non-régularisation de certaines déclarations douanières avant le 1ᵉʳ janvier 2025.
L’Office du Commerce de Tunisie est l’importateur unique de sucre en Tunisie. Il y a une quinzaine d’années l’OCT importe en moyenne 375 milles tonnes de sucre/an. En 2025 les importations ont atteint 320.000 tonnes contre 214.000 tonnes en 2024. Les tunisiens sont de grands consommateurs de sucre avec une moyenne de 36 kg/personnes/an.
Afin de compenser les fluctuations des cours mondiaux, l’Office perçoit une enveloppe forfaitaire de 10 millions de dinars de la Caisse Générale de Compensation au titre de la vente du sucre.
Une hausse importante et inattendue :
Au cours des 3 dernières semaines, le cours mondial du sucre a enregistré une hausse importante. En effet, le sucre blanc est passé de 412 dollars/tonne le 13/04/2026 à 452 dollars/tonne le 5/05/2026. Les raisons de cette hausse sont multiples, malgré des prévisions de production record en 2026.
Il y a des craintes d’inflation mondiale qui font grimper les prix des matières premières, notamment celui du pétrole brut. Les sécheresses en Inde et en Thaïlande ont également réduit l’offre mondiale de sucre. Parallèlement, les prix élevés du pétrole brut incitent le Brésil à transformer davantage de canne à sucre en éthanol destiné au carburant plutôt qu’à la production de sucre. Les sucreries brésiliennes ont décidé depuis un mois d’accroître leur production d’éthanol au détriment du sucre Le syndicat des sucreries brésiliennes a indiqué que la production sucrière brésilienne pour la campagne 2026/27 dans la région Centre-Sud avait chuté de 11,9 % sur un an, à 647 millions de tonnes.
Cette situation à l’échelle mondiale va certainement augmenter les difficultés financières de l’Office du Commerce. Dans les prochains mois nous seront devant des choix difficile :
- Réduire les quantités à l’importation avec le risque de difficultés pour l’approvisionnement du marché intérieur,
- Autoriser certains opérateurs du secteur privé, parmi les plus grands consommateurs de sucre, à assurer provisoirement leur propre approvisionnement,
- Augmenter les prix de vente public : un scénario qui n’est pas envisageable par les pouvoirs publics.
Cette situation impose encore une fois le débat autour des monopoles d’Etat et surtout le rôle de l’OCT dans l’approvisionnement du pays des produits stratégiques.

Source : Investing.com























