La crise du Covid-19 nous a montré que la sécurité alimentaire est un enjeu stratégique pour chaque pays. Un pays qui n’assure pas une grande partie de son alimentation, est un pays vulnérable. La Tunisie est connue depuis l’antiquité d’être un pays à vocation agricole. On l’appelait déjà « le grenier de Rome ». Au 4ème trimestre de 2025, la valeur ajoutée agricole a atteint 12.3%. L’agriculture est l’un des secteurs les plus stratégiques pour le pays est il est important d’accorder une grande attention aux différents enjeux et menaces pour ce secteur. L’un des enjeux futurs du secteur actuellement, outre l’impact des changements climatiques, est incontestablement la perte des terres agricoles.
Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l’agriculture et qui remontent à 2015, la Tunisie détient 10.5 millions d’ha (65% de la surface du pays) de terres agricoles. Les surface cultivable : 5 Millions d’ha (4.144 millions d’ha cultivés et 847.3 mille ha de jachère), et les Forêts et parcours: 5.5 Millions d’ha. La superficie irriguée est de l’ordre de 428 000 ha (2015) dont 55% publics et le reste privés.
De son côté, l’agence onusienne de l’agriculture FAO, vient d’actualiser ces chiffres sur les terres agricoles dans le monde. Selon des chiffres qui remontent à 2023 la Tunisie ne détient que 9.7 millions d’hectares seulement. La Tunisie a perdu en 8 ans plus de 800.000 hectares de terres agricoles, soit une moyenne de 100.000 ha chaque année.
Ce sont l’urbanisation anarchique, le développement disproportionné des zones industrielles et touristiques, le développement des réseaux routiers, l’érosion et les changements climatiques qui ont contribué à cette situation. Ils grignotent chaque année plus de 10.000 ha de nos terres consacrés pour nous nourrir ainsi que les générations futures.
Cette situation est une menace directe pour notre sécurité alimentaire, pourtant ce ne sont pas les lois qui manquent. En effet, les terres agricoles sont protégées par une loi qui date de Novembre 1983. Cette loi interdit le changement de vocation des terres agricoles, limitant leur usage à la production agricole, et classe les terres en zones d’interdiction, de sauvegarde ou soumises à autorisation. Seules les terres agricoles appartenant à la catégorie soumises à autorisation qui peuvent changer de vocation pour d’autres activités liées à l’investissement ou à des projets d’intérêt public.
Le ministère de l’agriculture ainsi que celui de l’équipement et de l’intérieur doivent accorder une attention particulière à ce sujet qui doit même être traité dans un Conseil de Sécurité Nationale.


























