Les chiffres doivent traduire une amélioration de la vie des citoyens
Le président de la République l’a martelé à plusieurs reprises : les indicateurs économiques positifs, doivent se traduire par un ressenti concret dans le quotidien des Tunisiens. Les chiffres (inflation, croissance) sont réels et vrais lorsqu’ils sont ressentis au niveau de l’amélioration tangible de la vie des citoyens.
Un PIB/habitant qui augmente….mais
Plusieurs chiffres sont au vert en Tunisie. Une croissance économique lente mais positive et une inflation maitrisée.
Selon les chiffres du FMI actualisés récemment, le PIB/habitant en parité de pouvoir d’achat en Tunisie en dollars international a enregistré une croissance de 28.9% entre 2020 et 2026 passant de 11989 dollars à 15456 dollars. Nous nous plaçons à la 4ème position au niveau de la région Afrique du Nord et Egypte.
PIB/ habitant aux prix courants en parité de pouvoir d’achat- en dollars international
2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Tunisie 11989 12406 13519 13925 14386 14982 15456
Algérie 12731 14556 15898 16908 17717 18509 19138
Egypte 16551 16930 19060 20197 20779 21758 22690
Libye 11617 13442 13079 14793 15299 17930 18836
Maroc 7958 8908 9620 10242 10793 11437 12024
Source : FMI
En comparaison avec les pays de la région nous sommes loin d’être le pays le plus performant. En effet, la Tunisie affiche la plus mauvaise performance au cours des 7 dernières années. La croissance du PIB/habitant au cours de la même période se présente comme suit :
• Algérie : +50,3 %
• Égypte : +37,1 %
• Libye : +62,1 %
• Maroc : +51,1 %
L’inflation qui ravage tout :
Mais pour avoir une idée réelle sur la portée de ces chiffres, ils doivent être rapportés à l’inflation cumulée durant les 7 dernières années (2020-2026).
Même avec ce calcul, la Tunisie ne fait pas mieux non plus. Selon les chiffres de l’inflation rapportés par le FMI, les tunisiens ont perdu du pouvoir d’achat au cours de 7 dernières années. La perte est de -20%. La croissance du PIB/habitant enregistrée n’a pas permis d’absorber la hausse des prix.
Quant aux marocains ils ont gagné en pouvoir d’achat de l’ordre de 25%. Les libyens, et si on croit les chiffres officiels, ont gagné 37% dans leur pouvoir d’achat. Les algériens ont un pouvoir d’achat qui stagne. Les grands perdants sont les égyptiens, avec une détérioration du pouvoir d’achat de -48%.
La nécessité de traduire les chiffres :
Surfer sur la vague des chiffres ne peut pas nous faire gagner la bataille de la paix sociale et de la prospérité. C’est cette logique que veux instaurer le président de la République.
L’inflation réelle en Tunisie, et non pas officielle, est le fruit de déséquilibres structurels et des défaillances au sein de certains appareils de l’Etat. L’inflation qui grignote notre pouvoir d’achat est le fruit d’une dépréciation continue du dinar, des défaillances dans certaines filières de production, de la baisse de la productivité, de la dépendance aux importations pour certains produits, d’une conjoncture internationale instable et surtout de circuits de distribution mal organisés et mal contrôlés.
De l’autre côté, et malgré la résilience de l’économie nationale, la croissance est faible et tributaire de certains phénomènes conjoncturels (production agricole, pluviométrie, saison touristique,…). Même les mécanismes historiques de la Tunisie pour la redistribution des fruits de la croissance sont en panne ce qui accentue la précarité des catégories les plus vulnérables.
Résultat des courses : une perte tangible du pouvoir d’achat, ressentie fortement par les ménages tunisiens.
Les chiffres doivent traduire une amélioration de la vie des citoyens
Partant de ce constat, les augmentations salariales prévues dans le budget 2026 vont essayer de corriger en tant soit peu la perte de pouvoir d’achat des tunisiens. C’est dans ce cadre que le président de la République a insisté récemment sur la nécessité d’activer ces augmentations le plus rapidement possible. Cette réponse à la situation actuelle doit être complétée par d’autres mesures plus stratégiques et pérennes.
Il est important de continuer les efforts pour la maitrise de l’inflation à travers une meilleure régulation des circuits de distribution et l’amélioration de l’offre.
Une attention particulière doit être donnée aux mécanismes sociaux afin d’amortir les chocs inflationnistes.


























