Dans un cadre de tensions géopolitiques imprévisibles, de perturbations dans les chaines d’approvisionnement mondiales, et de guerres commerciales et armées ; difficile d’établir des prévisions fiables et mettre les stratégies convenables.
N’empêche que la Tunisie à travers son budget économique pour 2026, qui n’a pas été rendu public jusqu’à présent, a essayé de fixer quelques objectifs chiffrés dans les différents domaines. A doit doit-on s’attendre en 2026 ?
Préserver les équilibres globaux :
L’année 2025 était selon les analystes placée sous le signe de la résilience et la convalescence de l’économie tunisienne. Une croissance qui a atteint 3.2% au 3ème trimestre, une inflation maitrisée à 4.9%, et un déficit budgétaire de 5.6% du PIB. Cette performance a valu à la Tunisie une amélioration de sa notation souveraine. En effet, l’agence Fitch Ratings a amélioré le 12 Septembre 2025 la note de la Tunisie à « B -» avec perspectives stables contre une notation de « CCC+ » le 16 Septembre 2024.
Pour 2026, la Tunisie prévoit la réalisation d’une croissance de son PIB de 3.3% contre 2.6% prévue en 2025. Le PIB par tête cette année enregistrera une hausse de 7.4% pour atteindre 15691 dinars.
Le secteur agricole continuera sa progression positive en 2026, avec une valeur ajoutée prévue de 2.9% sous l’effet d’une bonne saison oléicole et une bonne production de dattes.
La valeur ajoutée du secteur industriel sera de 4.8% impactée par les performances du secteur des Industries Mécaniques et Electriques, et la reprise du secteur de textile et habillement. Pour 2026, la Tunisie prévoit la commercialisation de 5.5 millions de tonnes de phosphates.
En 2026, de nouveaux sites pétroliers entreront en activité à l’instar de « Sabah » « Aziza » et « Sidi Marzoug », ce qui augmentera la valeur ajoutée du secteur de l’extraction, du pétrole et du gaz de 3%.
Quant au secteur des services, sa valeur ajoutée sera de 2.9% sous l’effet de l’amélioration du secteur du transport suite à l’acquisition de nouveaux bus, et le développement du secteur commercial de 2.5%.
La Tunisie travaille depuis des années pour l’amélioration du milieu des affaires et la relance de l’investissement. Un projet de modification du code des investissements est actuellement en cours. Dans ce contexte, on prévoit pour 2026 l’amélioration de l’investissement de 12% aux prix courants soit près de 30 milliards de dinars. Le taux d’investissement sera de 16% en 2026. Du côté de l’investissement étranger, la Tunisie prévoit capter 4 milliards de dinars en 2026 contre 3.4 milliards de dinars en 2025.
Malgré le déficit commercial abyssal enregistré en Tunisie en 2025, le déficit courant pour 2026 sera maitrisé au niveau de 3.6% contre 3.3% en 2025. Pour l’inflation qui a amorcé une descente bénéfique depuis le mois d’Avril 2025, pour terminer l’année au niveau de 4.9%, elle sera de 5.3% en 2026. Ce niveau est acceptable vu la pression sur les circuits de distribution et le rendement du dinar face aux principales monnaies d’échange et surtout l’euro. En effet, une partie de l’inflation enregistrée en Tunisie est une inflation importée.
Une politique financière et monétaire sous le signe de la convalescence :
Au niveau de la politique financière et monétaire, la Tunisie jongle depuis des années entre la nécessité de promouvoir l’investissement et la maitrise des équilibres économiques globaux.
Le défi pour le gouvernement en 2026 sera de préserver la stabilité des finances publiques et surtout de maitriser le niveau de la dette à travers la mobilisation des ressources nécessaires de l’intérieure et de limiter les risques liés à l’endettement extérieur. Un exercice très difficile vu les besoins de financement du budget de l’Etat pour 2026. Selon ce budget l’Etat va emprunter 11 milliards de dinars auprès de la Banque Centrale et pour la 3ème année consécutive. Des risques inflationnistes sont à prévoir suite à cette opération.
Pour le secteur bancaire l’objectif pour le gouvernement sera de préserver les fondamentaux monétaires des banques. Dans ce sens la surveillance de l’activité bancaire sera durcie et des solutions vont être apportées aux crédits accrochés qui menacent la solvabilité de certaines banques. Il est prévu aussi de restructurer les banques mixtes et surtout la BFPME qui enregistre des performances négatives.
Le focus pour le secteur des assurances sera fait en 2026 sur la réforme du rôle du bureau centrale de la tarification afin de garantir la rentabilité technique de certains types de contrats tel que l’assurance voiture ou l’assurance des « deux roues » et l’assurance des véhicules âgés de plus de 20 ans ou ceux à risque élevés tel que les louages ou les taxis. Un intérêt sera porté pour l’amélioration de la contribution de l’assurance vie dans le secteur et l’assurance agricole. Le secteur doit se préparer en 2026 à adopter l’outil de l’assurance indicielle, qui est un type d’assurance dans lequel l’indemnisation n’est pas liée aux pertes réelles de l’assuré, mais à l’évolution d’un indice mesurable et objectif.
Sur un autre plan, et après avoir enregistré un record de 11 millions de touristes en 2025, la Tunisie prévoit améliorer cette performance avec 11.5 millions de touristes dont 6.2 millions venant de l’Algérie et la Libye. Les recettes attendues pour cette année seront de 8.1 milliards de dinars, et les nuitées prévues seront de 31.2 millions. Il faut dire que la performance du secteur en 2025 encourage à placer la barre encore plus haute en 2026
























