Les amoureux du chocolat vont être surpris par une hausse des prix. La cause : une guerre qui oppose la Turquie au géant mondial du chocolat le groupe italien Ferrero. Une guerre qui est habituelle dans un monde globalisé. Mais derrière cette « guerre » sur laquelle on va revenir il y a une leçon à retenir : « quand tout un gouvernement se mobilise pour protéger ses producteurs ».
Une guerre de prix :
La Turquie détient 65% du marché mondial des noisettes qui lui ont rapporté plus de 2.5 milliards de dollars en 2024. Cette année la production turque de noisette a chuté de plus de 40% passant de 720.000 tonnes en 2024 à 450.000 tonnes en 2025 à cause de conditions climatiques défavorables (le gel) et d’un insecte nuisible qui a frappé la récolte. Cette situation a fait augmenter les prix qui sont passés de 4.5 dollars le kilo à plus de 9 dollars.
Le géant italien Ferrero et détenteur de la marque Nutella qui consomme plus de 25% de la production mondiale refuse d’acheter à ces prix. Il a annoncé qu’il va puiser dans ces stocks et qu’il va chercher d’autres sources d’approvisionnement tel que les Etats Unis ou le Chili. Cette position a fait baisser les prix en Turquie parce que les agriculteurs avaient peur de ne pas vendre leurs productions.
L’intervention du gouvernement turque fut immédiate. En effet, le conseil de la concurrence turque est intervenu en 2024 suite à une enquête pour position dominante contre Ferrero et qui a abouti à un accord obligeant le géant italien à acheter en moyenne 45.000 tonnes de noisettes au prix fixé par les autorités turques. En 2025, et vu la baisse de la production, le conseil de la concurrence a revu les quantités à la baisse pour les ramener à 30.000 tonnes seulement. Le gouvernement turc accuse le géant du chocolat de faire pression pour faire baisser les prix. Il a aussi bloqué toutes les exportations avec des prix bas qui risquent de léser les petits agriculteurs. Selon le gouvernement turc, Ferrero doit acheter 30.000 tonnes au prix qui va être fixé par le gouvernement. De son côté Ferrero fait son bras de fer et retarde ses achats.
La leçon à retenir :
La Tunisie est aujourd’hui l’un des premiers producteurs au monde de deux produits agricoles importants à savoir les dattes et l’huile d’olive. Ces deux produits sont sujets à des spéculations au marché mondial et les prix changent d’une saison à autre selon la conjoncture internationale et les niveaux de production. L’année dernière était chaotique pour les agriculteurs et les exportateurs d’huile d’olive à cause de prix très bas à l’échelle nationale et internationale. Plusieurs agriculteurs se sont trouvés obligés de vendre à des prix qui ne couvrent pas leurs charges. C’est ainsi que les recettes d’exportation d’huile d’olive ont baissé de 30% durant la campagne 2024-2025 totalisant 2126 MD malgré des quantités en hausse de 39% (257.000 tonnes).
Quant aux dattes les recettes ont baisse de 4% pour se situer à 810 millions de dinars.
Face à cette situation la Tunisie doit être forte et mobiliser toutes les institutions de l’Etat, ministère des affaires étrangères, ministère du commerce, ministère du tourisme,….et même le conseil de la concurrence, pour protéger la production tunisienne de toute manipulation sur les prix. La Tunisie doit même faire du lobbying à l’échelle internationale et auprès des grands acheteurs afin de préserver la rentabilité pour les exportateurs et les agriculteurs tunisiens. La Tunisie peut même fixer les prix à l’export et les imposer aux bourses mondiales.
Le commerce mondial est une véritable scène de guerre ou seul les plus forts survivront. Nous avons un produit de qualité reconnue à l’échelle internationale, protégeons-le de toute tentative de bradage.
























