Nous ne doutons aucunement dans les compétences des ingénieurs et enquêteurs de l’Institut National des Statistiques, ni de leur impartialité. Mais l’actuel indice des prix ne traduit pas la réalité vécue par les tunisiens.
Il n’est pas nécessaire d’être expert pour s’apercevoir du mécontentement populaire et de la hausse vertigineuse des prix.
Selon l’INS, l’indice des prix à la consommation pour le mois de Mars a augmenté de 5% contre 4.9% au mois de Février. Un niveau qui reste acceptable vu la conjoncture actuelle, ce qui a permis à la Banque Centrale de maintenir le taux directeur inchangé.
Mais la lecture des détails de l’Indice des Prix à la Consommation nous révèle une autre réalité.
En effet, en glissement annuel, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 6,8%. Une hausse due principalement par l’augmentation des prix des fruits frais (+17,1%), de la volaille (+16,7%), de la viande d’agneau (+14,3%), du poisson frais (+12,3%) et de la viande bovine (+10,8%), les légumes 6.3% et les dérivés de céréales 6% .
Quant aux produits alimentaires libres ont connu une hausse de 7,7%
Au cours du mois de mars 2026, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 1% par rapport au mois de février 2026. Cette augmentation est principalement due à la hausse des prix du groupe des produits alimentaires de 2% et des prix du groupe « Habillement et chaussures » de 1,5%.
La rubrique alimentation représente plus de 34% de l’indice selon la dernière enquête consommation et dépenses de l’INS réalisé en 2022, mais réellement son poids aujourd’hui dépasse les 40%.
La hausse des prix est ainsi plus importante et lourdement ressentie par les ménages tunisiens puisqu’elle concerne les produits quotidiens.
Ce constat dur pour les familles tunisiennes impose l’accélération de l’augmentation des salaires dans les secteur privés et publics à un niveau qui permet au moins d’absorber une part de l’inflation et de la perte de pouvoir d’achat durant les dernières années. L’instruction a été adressée récemment par le président de la République pour le gouvernement dans ce sens.
Cette hausse des salaires pèsera sur les finances publiques, mais aura un impact sur la croissance économique. En effet, la consommation est aujourd’hui le moteur le plus important qui fonctionne encore.


























