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A nos députés : osons un changement de cap

Lexpert Editeur Lexpert
6 novembre 2025
in Actualités, Economie
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Durant les prochaines semaines les projecteurs seront tous braqués vers Bardo, siège de l’Assemblée des Représentants du Peuple et  le Conseil National des Régions ou a déjà commencé l’examen du budget 2026 au niveau des commissions. Un budget très important puisqu’il coïncide avec la première année du plan de développement 2026-2030. L’examen de ce budget, et loin de la polémique qu’il a soulevé lors de sa publication, doit à notre sens être une occasion pour les députés d’imposer un changement de cap dans le modèle de développement de la Tunisie, et concrétiser une rupture avec un modèle qui a atteint ses limites. Les députés peuvent, à travers leurs propositions et leurs amendements contribuer à la réalisation d’un bon niveau de croissance durant les 5 prochaines années et amorcer un virage tant attendu.

 

Un modèle à bout de souffle :

Depuis une décennie l’économie tunisienne trouve des difficultés à décoller et à sortir d’une stagnation qui risque de devenir structurelle. Cette stagnation est matérialisée par un chômage persistant et qui ne faiblit pas, une inflation en accordéon, un endettement continu, un déficit structurel des finances publiques, et un niveau d’investissement en baisse.

Le modèle de développement adopté par la Tunisie avec la loi 1972 qui se base sur les exportations manufacturières à faible valeur ajoutée, la dépendance aux investissements étrangers, une agriculture très dépendante des aléas climatiques, et une main d’œuvre peu qualifiée, a atteint aujourd’hui ses limites.

Dans un contexte mondial de compétitivité accrue, de changements géopolitiques brusques, de révolution numérique boostée par l’Intelligence Artificielle, de changements climatiques qui imposent une transition énergétique, et des chaines de valeurs en pleine mutation, la Tunisie est aujourd’hui à la croisée des chemins et doit impérativement repenser son modèle économique. Les députés peuvent être les initiateurs d’un tel changement.  Ils peuvent aussi tracer la manière d’opérer ce changement, car la nécessité n’est pas à discuter.

Pour cela les députés peuvent à travers la loi des finances et la discussion du plan de développement, mettre la Tunisie sur la trajectoire d’une croissance soutenable et inclusive à travers les réformes structurelles afin d’améliorer la compétitivité de la Tunisie et créer un climat propice pour l’investissement dans des domaines innovants et à haute valeur ajoutée ; avec comme objectif ultime la création de l’emploi.

En effet, le modèle économique actuel a atteint ses limites, puisqu’il n’a permis qu’une croissance molle de 1.5% en moyenne durant la période 2011-2024.

Ce modèle nous a mené aussi à des déséquilibres macro-économiques dangereux. La dette publique est passée de 45% du PIB en 2013 à 81% du PIB en 2024, et le service de la dette atteignant 14% du PIB en 2024.

Le déficit public atteindrait 5,3% du PIB en 2025 (après 6,3% en 2024), « grâce à une stabilisation des dépenses et une légère hausse des recettes fiscales (réformes de l’IRPP et IS) ».

Le solde courant de la balance des paiements subit la volatilité des balances énergétiques et alimentaires ainsi que des recettes touristiques. Après s’être creusé jusqu’à 9% du PIB en 2022, le déficit courant s’est ensuite nettement réduit (2,3% du PIB en 2023, puis 1,7% en 2024).

Le chômage demeure à un niveau élevé (15.8% en 2025, après un pic à 18,4% en 2021.Ce taux atteint 40,5% chez les jeunes de moins de 25 ans.

Malgré un ralentissement de l’inflation durant les derniers mois, le pouvoir d’achat des ménages s’est nettement détérioré, et la classe moyenne ne représentait plus que 45% de la société contre 80% en 2010.

Même la croissance créée durant les années glorieuses n’était pas équitablement répartie entre les régions et les couches sociales. La Tunisie souffre depuis des années d’une faible inclusion économique et sociale. Les régions de l’intérieur, et malgré les incitations prévues pour l’investissement, souffrent d’un niveau de développement très faible, d’un chômage important et d’une pauvreté très élevée. Cette situation alimente l’emploi informel et les tensions sociales.

 

Pourquoi faut-il changer de cap ?

Le monde actuellement est en plein mutation et la Tunisie doit s’adapter à cette nouvelle conjoncture. Une conjoncture caractérisée par la digitalisation des économies, la transition écologique et surtout les changements au niveau des chaines de valeurs et les sources d’approvisionnement. C’est pour cette raison que la Tunisie doit orienter sa stratégie, son budget et ces lois vers l’investissement dans l’économie verte, l’intelligence artificielle, la formation et la recherche et développement.

Afin de redonner confiance aux investisseurs, nos députés doivent travailler sur les goulots d’étranglement qui bloquent l’investissement et qui font stagner l’économie à savoir la lenteur administrative, la corruption, l’instabilité règlementaire, l’accès au financement et la rapidité de la justice.

Une réflexion profonde au sein du parlement doit être engagée au niveau de la détermination du rôle de l’Etat dans l’exécution du nouveau cap à emprunter. En effet, l’Etat doit se replacer en tant que facilitateur et de créateur d’un environnement propice pour la croissance. Il doit dépasser son rôle de gestionnaire. Cette démarche doit passer par une meilleure gouvernance des entreprises publiques, une rationalisation des dépenses publiques, un partenariat public-privé plus poussé et plus efficace, et surtout une concentration sur les secteurs à haute valeur ajoutée. La Tunisie doit rompre avec la compétitivité axée sur les bas coûts de la main d’œuvre, et doit se spécialiser dans la technologie et la création de valeur ajoutée. Un intérêt particulier par les députés doit être porté vers des secteurs comme la biotechnologie, l’industrie pharmaceutique ou le développement informatique. Tous les rapports et études s’accordent à confirmer que la Tunisie peut être un pôle technologique régional vu la qualité de ces ressources humaines.

Le changement de cap voulu doit aussi passer par une transition énergétique et écologique. L’actuel projet de loi des finances a donné quelques signaux positifs à travers la baisse des droits de douane et de consommation sur les voitures électriques et les panneaux photovoltaïques. Beaucoup reste à faire surtout que la Tunisie souffre d’un déficit énergétique structurel. Cette orientation écologique doit aussi couvrir la rationalisation de l’utilisation des ressources hydriques. Un enjeu important pour les prochaines années.

Les députés doivent aussi amorcer un changement de cap au niveau de la réforme du système éducatif et de la formation. Une attention particulière doit être portée aux filières scientifiques et techniques afin d’avoir les ressources humaines nécessaires pour la croissance économique. Des lois et des mesures doivent être promulguées par les députés pour promouvoir « le mariage » entre l’entreprise et l’université et la promotion de la formation continue seul outil pour l’amélioration de la productivité.

Les députés du conseil national des régions doivent encourager les projets de lois et les mesures incitatives pour la concrétisation de la décentralisation économique. Les régions doivent être des pôles de développement autonomes.

En conclusion, il est bien évident que le modèle de développement actuel a pris un coup de vieux. Il ne répond pas aux défis du présent ni aux ambitions du futur. Le changement de cap que nous proposons aux députés ne doit pas être basé sur de simples mesurettes ou de quelques lois « révolutionnaires », mais d’une nouvelle vision du développement en Tunisie, qui doit être traduite au niveau du plan de développement 2026-2030 et dans les prochaines lois des finances.

 

Tags: changement de cap
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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