Le rapport publié le 28 Octobre dernier par la Banque Mondiale concernant les prix des produits de base en 2026 et 2027 doit nous alerter à plus d’un titre. Selon ce rapport, dans l’ensemble, les prix des produits de base devraient progresser de 23 % cette année, avant de baisser de 7 % en 2027. « Les prix des produits alimentaires de base devraient augmenter d’environ 10 % en 2026, puis de 7 % encore en 2027, soit une hausse cumulée de 18 %, alors que les conflits perturbent les expéditions de céréales, qu’El Niño menace les récoltes et que les prix élevés des carburants et des engrais grèvent les coûts agricoles ».
Ces analyses alarmantes, mais réalistes, doivent nous interpeller sur l’impact d’une inflation importée sur l’économie nationale et les pressions éventuelles sur les équilibres extérieurs.
Avec un baril qui dépasse une moyenne de 100 dollars depuis des semaines, la facture énergétique est déjà très lourde en Tunisie. Le déficit énergétique a atteint 10.4 milliards de dinars au mois de Septembre 2026, soit plus de 50% du déficit commercial global. Le gouvernement a déjà prévu plus de 7 milliards de dinars pour les subventions énergétiques en hausse de 42% par rapport au budget alloué pour 2026 (5 milliards de dinars). Pour les mois prochains la volatilité des marchés pétroliers à cause de la situation au Moyen-Orient alimentera le déficit commercial qui a déjà atteint 21 milliards de dinars.
L’inflation importée sera aussi causée par les cours du marché céréalier. En effet, les prix mondiaux augmentent sous l’effet des perturbations logistiques en mer noire et la guerre Russo-ukrainienne. Le budget économique pour 2026 avait prévu une récolte céréalière de 19 millions de quintaux alors que les récoltes n’ont pas dépassé les 11 millions de quintaux. Un gap énorme dans les prévisions qu’il faut combler par les importations.
Même les autres produits complémentaires tel que le DAP et que nous importons depuis quelques années, il enregistre une hausse considérable. La tonne de DAP se vendait à 685 dollars en 2025 et aujourd’hui elle affiche une moyenne de 735 dollars. Pour les fertilisants la hausse est encore plus prononcée enregistrant 58.6% en 2026 (base 2010).
L’impact de l’inflation importée se fait déjà sentir par les consommateurs. Les derniers chiffres de l’INS confirment une inflation de 5.6% au mois d’Octobre 2026 avec une inflation des produits alimentaires de 8.5% contre 8.4% au mois de Septembre.
Alors que l’Assemblée est en plein examen du budget pour 2027, tous ces éléments doivent être pris en considération afin de prendre les mesures nécessaires pour faire face au choc qui nous attend et qui semble inévitable selon le rapport de la Banque Mondiale.




















