À l’approche du 3ᵉ Forum Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, la Tunisie dispose d’une carte à jouer pour diversifier ses marchés et accélérer ses exportations. Selon le CEPEX, un potentiel commercial tunisien de 27 millions de dollars demeure inexploité sur le marché russe, avec l’agroalimentaire en tête des opportunités.
Dans un contexte de recherche de nouveaux débouchés, le rapprochement entre la Russie et les pays africains pourrait offrir aux entreprises tunisiennes de nouvelles perspectives. Les responsables russes ont d’ailleurs présenté l’agriculture comme un pilier de coopération, notamment pour renforcer la sécurité alimentaire.
Huile d’olive : 4,7 millions de dollars d’opportunités encore inexploitées
Parmi les produits tunisiens susceptibles de mieux pénétrer le marché russe, l’huile d’olive arrive en tête. Le potentiel d’exportation non réalisé dans cette filière est estimé à 4,7 millions de dollars, dont 85 % des opportunités resteraient inexploitées, selon les données du bureau du CEPEX à Moscou.
D’autres créneaux présentent également des perspectives intéressantes :
- Volants de direction : 1 million de dollars de potentiel, dont 99 % inexploités.
- Dessus de chaussures : 920 000 dollars, avec 100 % des opportunités non captées.
- Instruments et appareils médicaux : 779 000 dollars, dont 95 % inexploités.
- Pâtes alimentaires : 270 000 dollars de potentiel identifié.
Ces chiffres mettent en évidence des marges de progression pour les exportateurs tunisiens, à condition de renforcer leur présence commerciale et leur capacité à répondre aux exigences du marché russe.
Exportations en hausse de 14 % : un rééquilibrage commercial en cours
Les échanges entre la Tunisie et la Russie affichent des signes de rééquilibrage. D’après la représentation du CEPEX à Moscou, les importations tunisiennes en provenance de Russie ont chuté de 54 % durant les neuf premiers mois de 2026, passant de 3 375,1 millions de dinars à 1 552,3 millions de dinars.
Dans le même temps, les exportations tunisiennes vers le marché russe ont progressé de 14 %, pour atteindre 32,4 millions de dinars.
Cette évolution contribue à réduire progressivement le déficit commercial bilatéral. Celui-ci s’était établi à -4 186,7 millions de dinars en 2025, contre -5 384,4 millions de dinars en 2024.
Si cette tendance se confirme, elle pourrait ouvrir la voie à une relation commerciale plus équilibrée, à condition que la progression des ventes tunisiennes se poursuive dans la durée.
L’agroalimentaire représente 70 % des ventes tunisiennes vers la Russie
L’agroalimentaire constitue le principal moteur des exportations tunisiennes vers la Russie, avec 70 % du total des ventes. Il devance les industries diverses (13 %), le textile et l’habillement (12 %), ainsi que les industries mécaniques et électriques (5 %).
En 2025, les principaux produits exportés comprenaient notamment :
- Dattes : 31,88 % des exportations.
- Huile d’olive : 13,62 %.
- Préparations et conserves de poissons : 13,31 %.
- Bandes et lames en matières plastiques : 8,89 %.
- Costumes et ensembles : 7,90 %.
La place occupée par les dattes, l’huile d’olive et les produits de la mer confirme le poids des filières agroalimentaires dans les échanges avec la Russie. Elle souligne aussi l’intérêt de consolider ces positions tout en développant de nouveaux produits à potentiel.
Blé, huiles de pétrole et colza : les principales importations tunisiennes
Du côté des importations en provenance de Russie, les huiles de pétrole occupaient une place dominante durant les sept premiers mois de 2026, avec 69 % du total indiqué. Elles étaient suivies du froment et du blé dur (12 %), des huiles de navette ou de colza (7 %), de l’orge (3 %) et des fils en aluminium (2 %), ainsi que d’autres produits, dont le blé et le méteil.
Cette structure des échanges illustre les enjeux économiques et stratégiques des relations entre les deux pays, notamment en matière d’approvisionnement énergétique et alimentaire.
Forum Russie-Afrique : une fenêtre à saisir pour les entreprises tunisiennes
Prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, le 3ᵉ Forum Russie-Afrique abordera les perspectives de coopération dans le commerce, l’investissement, l’énergie, les technologies et la sécurité alimentaire.
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse la simple participation à un rendez-vous diplomatique et économique. Il s’agit de transformer les opportunités recensées en contrats, en nouveaux partenariats et en débouchés durables pour les entreprises exportatrices.
Avec 27 millions de dollars de potentiel encore inexploité, la Russie apparaît comme un marché à travailler davantage. L’huile d’olive, les dattes et les autres produits agroalimentaires pourraient jouer un rôle central dans cette stratégie, tandis que les créneaux industriels et médicaux offrent des pistes complémentaires de diversification.
Le défi sera désormais de convertir ce potentiel commercial en résultats concrets, tout en poursuivant le rééquilibrage des échanges entre Tunis et Moscou.




















