L’OSS, l’AFD et l’Union européenne misent 150 000 euros pour documenter et valoriser les pratiques agroécologiques des territoires ruraux du sud de la Méditerranée.
Face à la sécheresse, à la raréfaction de l’eau et à l’appauvrissement des sols, les réponses ne viennent pas seulement des laboratoires. Elles existent aussi dans les champs, les oasis et les foyers ruraux, où des générations d’agriculteurs ont développé des techniques pour s’adapter à un climat hostile. C’est ce patrimoine, souvent invisible dans les politiques publiques, que l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) entend désormais mettre en lumière.
L’OSS et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, mardi 13 octobre 2026 au siège de l’Observatoire à Tunis, une convention de financement de 150 000 euros. Le projet est cofinancé par l’OSS, la France, à travers l’AFD, et l’Union européenne. La cérémonie s’est tenue en présence de Nabil Ben Khatra, Secrétaire exécutif de l’OSS, de S.E. Anne Guéguen, Ambassadrice de France en Tunisie, et de Christophe Cottet, Directeur de l’AFD en Tunisie.
Des savoirs dispersés, à structurer
Inscrit dans le programme AdaptAction–ACAMED, le projet part d’un constat simple : les connaissances locales en matière d’adaptation existent, mais elles restent éparpillées, peu documentées et rarement prises en compte par les décideurs. L’objectif est donc de les recenser, d’en mesurer la portée et de les rendre directement exploitables dans l’élaboration des politiques publiques.
Le champ couvert est large : gestion de l’eau et des sols, semences, agrobiodiversité, systèmes oasiens, plantes utiles, ainsi que les savoir-faire de transformation et de conservation des produits locaux. Des expériences menées ailleurs en Méditerranée seront également analysées afin d’identifier les conditions qui permettent aux solutions efficaces d’être reconnues, transposées ou déployées à plus grande échelle.
Les femmes, gardiennes des savoirs
Le projet accordera une attention particulière à la manière dont ces connaissances sont détenues et transmises, en particulier au rôle des femmes dans la gestion de l’eau, la préservation des semences, la transformation des produits et la transmission intergénérationnelle. Une dimension souvent négligée, mais essentielle pour une lecture fidèle des réalités territoriales et pour des recommandations réellement ancrées sur le terrain.
Trois livrables et une table ronde régionale
Concrètement, la démarche débouchera sur un corpus analytique consacré aux savoirs agroécologiques, un bilan comparatif des expériences méditerranéennes et une table ronde régionale réunissant chercheurs, décideurs, bailleurs, société civile, praticiens et représentants des territoires.
Huit pays de la rive sud de la Méditerranée sont concernés : la Syrie, le Liban, la Palestine, la Jordanie, l’Égypte, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. Les enseignements seront partagés avec l’ensemble des pays membres de l’OSS, et les initiatives les plus probantes pourront être portées dans les grandes enceintes internationales, des COP au Forum mondial de l’eau.
Pour Paris comme pour Bruxelles, ce partenariat se veut un signal de soutien aux partenaires africains et méditerranéens face à un défi climatique qui, rappellent-ils, concerne les deux rives.
Autres titres possibles :
Adaptation climatique : l’OSS veut faire entrer les savoirs ruraux dans les politiques publiques
Sécheresse, sols, semences : le sud de la Méditerranée mise sur ses savoirs ancestraux
150 000 euros pour capitaliser l’intelligence paysanne face au climat.




















