La campagne agricole 2026-2027 se prépare avec un objectif ambitieux : consacrer 3 000 hectares à la culture de la betterave sucrière dans les gouvernorats de Jendouba, Béja et Bizerte. Au cœur du dispositif, Jendouba concentrera à elle seule 2 000 hectares, avec un enjeu majeur : sécuriser l’irrigation et relancer une filière stratégique pour l’agriculture et la production nationale de sucre.
L’eau d’irrigation, priorité absolue
Le Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Jendouba s’est engagé à assurer l’approvisionnement en eau d’irrigation des agriculteurs souhaitant cultiver la betterave sucrière durant cette nouvelle saison.
Cette mesure vise à préserver la pérennité de la filière, essentielle au maintien de la capacité productive des sols, à la production fourragère et à la création d’emplois. Elle doit également contribuer à couvrir une partie des besoins nationaux en sucre.
3 000 hectares, dont 2 000 à Jendouba
Selon Naïm Ghorbal, directeur général de l’usine de transformation de la betterave sucrière de Ben Bechir, située dans la délégation de Jendouba-Nord, le programme prévoit la répartition suivante :
- 2 000 hectares à Jendouba ;
- 1 000 hectares au total à Béja et Bizerte.
Cet objectif traduit la volonté de maintenir cette culture industrielle traditionnelle dans les principales zones de production du Nord-Ouest.
Des rendements qui dépassent les 100 tonnes par hectare
La filière dispose d’un potentiel de production important. Selon Naïm Ghorbal, plusieurs dizaines d’agriculteurs ont enregistré, durant la saison écoulée, des rendements particulièrement élevés dans les zones de Bouhertma 2, Souk Essebt et Jemamza, dépassant 100 tonnes par hectare.
Ces performances illustrent les possibilités de cette culture lorsque les conditions de production sont favorables.
Engrais, produits phytosanitaires et équipements : les préparatifs s’accélèrent
En parallèle de la sécurisation de l’eau, les efforts portent actuellement sur la disponibilité des engrais, des produits phytosanitaires et des équipements nécessaires au bon déroulement de la campagne.
Le démarrage des opérations est prévu à la mi-semaine prochaine, selon les déclarations rapportées par l’Agence TAP.
Sécheresse et coûts de production : une filière sous pression
Malgré ses atouts, la betterave sucrière fait face à plusieurs difficultés. Sa forte consommation d’eau, les épisodes de sécheresse, les problèmes d’approvisionnement en intrants et des prix jugés insuffisants au regard de la durée du cycle cultural ont poussé certains agriculteurs à abandonner cette production au profit d’autres cultures.
La sécurisation de l’irrigation et la disponibilité des intrants apparaissent donc comme des conditions déterminantes pour encourager les agriculteurs à revenir vers cette filière.
Un enjeu agricole, économique et stratégique
Avec un objectif de 3 000 hectares pour la saison 2026-2027 et des rendements ayant dépassé les 100 tonnes par hectare dans certaines zones, la betterave sucrière conserve un potentiel important dans le Nord-Ouest.
Le défi sera désormais de transformer ces ambitions en production durable, en emplois agricoles et en contribution concrète à la couverture des besoins nationaux en sucre.




















