La campagne des agrumes a officiellement démarré dans le gouvernorat de Nabeul depuis plus d’une semaine, mais la saison s’annonce moins abondante que la précédente. Les premières estimations font état d’une baisse d’environ 10 % de la production.
L’année dernière, Nabeul avait produit près de 270 000 tonnes d’agrumes, sur une production nationale estimée à 350 000 tonnes, confirmant le poids stratégique de la région dans cette filière.
Eau, électricité et chaleur : les trois coups durs
Selon le président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche, Bechir Aounallah, plusieurs facteurs expliquent cette baisse.
Le manque d’eau d’irrigation figure parmi les principales difficultés rencontrées par les producteurs, auquel s’ajoutent les coupures fréquentes d’électricité, qui perturbent notamment les opérations d’irrigation.
À cela se sont ajoutés les effets de la récente vague de chaleur, qui ont également pesé sur le potentiel de production.
5 000 hectares de forêts d’agrumes défrichés
Autre préoccupation majeure : le responsable a évoqué le défrichement d’environ 5 000 hectares de forêts d’agrumes dans les délégations de Menzel Bouzelfa et Béni Khalled.
Une évolution qui intervient alors même que de nouvelles zones de production apparaissent dans d’autres régions du gouvernorat, notamment à Takelsa et El Haouaria.
Béni Khalled reste le poids lourd national
Malgré ces difficultés, Béni Khalled conserve sa position de premier producteur national, avec environ 53 000 tonnes.
Cette performance s’explique notamment par l’entrée en production de nouvelles plantations et l’expansion des superficies consacrées aux agrumes dans la région.
Nabeul reste ainsi le véritable cœur de la filière agrumicole tunisienne.
Jusqu’à 10 dinars le kilo : un signal positif pour les producteurs
Sur le front des prix, les premières tendances sont plutôt favorables aux agriculteurs.
Les variétés actuellement disponibles se négocient entre 4 et 10 dinars le kilogramme, des niveaux considérés comme encourageants par les professionnels.
Selon Bechir Aounallah, ces prix permettraient aux producteurs de couvrir leurs coûts et de compenser une partie des pertes, dans un contexte marqué par la diminution de la production.
Une filière qui fait vivre 20 000 personnes
Au-delà des volumes et des prix, la filière des agrumes représente un enjeu économique et social majeur.
Le gouvernorat de Nabeul assure environ 75 % de la production nationale d’agrumes et contribue ainsi directement au maintien d’une filière qui génère près de 20 000 emplois.
Nabeul reste au cœur de la bataille des agrumes
Malgré le stress hydrique, les difficultés énergétiques, les effets des fortes chaleurs et la réduction des superficies, Nabeul conserve son rôle central dans l’agrumiculture tunisienne.
La campagne 2026 démarre donc sous tension, avec moins de production mais des prix plus rémunérateurs, laissant aux producteurs l’espoir de préserver leurs revenus et de maintenir à flot une filière essentielle à l’agriculture tunisienne.




















