À Tozeur, le patrimoine oasien ne se limite plus à la production : il devient un véritable levier de développement économique local. Depuis cinq ans, l’association « La Ruche pour la Citoyenneté Active » poursuit son projet « Errahba », destiné à renforcer la commercialisation des produits du terroir et, en particulier, des dattes issues des oasis.
Mené en partenariat avec le Centre Technique des Dattes, le projet vise à développer la vente au détail et en gros des meilleures variétés de dattes dites « El Motlagh », tout en favorisant la distribution de la célèbre Deglet Nour.
L’objectif est clair : mieux valoriser les variétés locales et rapprocher les produits oasiens des consommateurs, tout en offrant de nouvelles opportunités aux producteurs.
Un trésor oasien à mieux valoriser
Parmi les variétés concernées figurent notamment El Kasbi, El Lagou, El Kandi, Ghars Mtighi, El Amaâri, El Bou Fagous, El Mahmoudi et El Menaker.
Ces dattes constituent un patrimoine agricole important pour la région, mais leur commercialisation reste confrontée à une contrainte majeure : leur conservation.
Selon Salem Ben Selma, membre de l’association, ces produits nécessitent en effet des conditions rigoureuses de conservation ainsi qu’un conditionnement adapté afin de préserver leur qualité et leur valeur commerciale, leur durée de vie étant relativement limitée.
De l’oasis au marché : le défi de la chaîne de valeur
À travers « Errahba », l’enjeu dépasse donc la simple vente de dattes. Il s’agit de construire une véritable chaîne de valorisation du produit local, allant de la production jusqu’au consommateur.
Une meilleure conservation, un emballage adapté et une commercialisation mieux organisée pourraient permettre à ces variétés traditionnelles de gagner en visibilité et de trouver de nouveaux débouchés.
À Tozeur, les dattes du terroir veulent désormais passer de la richesse des oasis à la richesse des marchés. Un pari économique qui pourrait contribuer à renforcer les revenus des producteurs et à préserver un patrimoine agricole unique du Sud tunisien.




















