La régulation et le contrôle du marché des biens et services nécessitent toujours des interventions rapides et parfois proactives. Le retard d’une décision a des conséquences graves sur l’économie et les opérateurs économiques car le retour à la normale prend du temps. C’est le cas actuel de la récente décision du ministre du commerce de fixer les marges et les prix de l’eau minérale en bouteille.
La crise de l’eau minérale date depuis plus de 20 jours avec des perturbations d’approvisionnement et des pénuries dans tous les circuits de distribution. Une situation qui était un terrain favorable pour la spéculation. Les prix à la vente en détail ou en gros ont augmenté considérablement. Les cafés, les restaurants, les hôtels et les consommateurs achètent en grande quantité afin d’assurer un stock chez eux. Nous avons alerté il y a une quinzaine de jours sur les colonnes de l’Expert (article intitulé : « eau minérale : la crise s’installe ») sur les impacts de cette crise qui risque de durer vu la hausse de la demande en cette période estivale.
Le ministère du commerce est intervenu sur le marché en orientant l’effort du contrôle économique vers le secteur de l’eau minérale. De petites quantités ont été saisies et des PV ont été dressés mais le retour à la normale n’était pas au rendez-vous. L’action du ministère n’était pas réellement à la hauteur de la crise.
Le ministère du commerce vient aussi de publier hier un arrêté qui fixe les marges à la vente en gros et au détail des eaux minérales en bouteille à 15%. Les prix de vente public sont ainsi plafonnés au niveau de 0.6 dinars pour la bouteille de ½ litre, 0.8 dinars pour la bouteille de 1 litre, 085 pour la bouteille de 1.5 L et 0.95 dinars pour la bouteille de 2 litres. Des sanctions selon la loi en vigueur sont prévues pour tous contrevenant.
La décision a été largement contestée par plusieurs intervenants car elle fixe les prix d’un produit qui se trouve en petites quantités sur les marchés. Les prix de leurs côtés sont élevés par rapport à la situation habituelle. En effet, un pack de 6 bouteilles de 2L coûtait entre 4 dinars et 5.8 dinars en temps normal. Selon cette nouvelle grille il coûterait en moyenne 5.7 dinars. Une hausse décidée unilatéralement par le ministère du commerce.
Cet arrêté est certes important afin de calmer le marché et confirmer qu’il existe une autorité de contrôle, mais pourvu que le ministère arrive à le faire l’appliquer. La réalité du terrain atteste que c’est toujours les spéculateurs qui remportent la bataille. Les prix pratiqués sur le marché dépassent le plafond fixé par le ministère du commerce et le produit est presque introuvable ou se vend dans les dépôts et « sous la table ». C’est encore une fois le consommateur qui est le dindon de la farce.




















