Les chiffres des accidents de la route enregistrés depuis le début de l’année dans les gouvernorats du Nord-Ouest tunisien révèlent d’importantes disparités entre Jendouba, Béja, Siliana et Le Kef.
Selon les données présentées à l’Agence TAP par Aymen Hkimi, chef du district Nord-Ouest de l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR), Jendouba concentre la plus forte proportion d’accidents de la région, tandis que Béja affiche la part la plus élevée des décès.
Jendouba en tête des accidents
Avec 33,61% du total régional des accidents, Jendouba arrive en première position.
Elle est suivie par :
- Béja : 25,62%
- Siliana : 22,63%
- Le Kef : 18,14%
Jendouba apparaît ainsi comme le principal point de vigilance en matière de fréquence des accidents dans la région.
Jendouba concentre également le plus de blessés
La situation est tout aussi préoccupante concernant les blessés.
Jendouba représente 34,15% des blessés enregistrés dans le Nord-Ouest, devant :
- Béja : 26,65%
- Siliana : 20,61%
- Le Kef : 18,29%
Le gouvernorat se distingue donc à la fois par la fréquence des accidents et par le nombre de personnes blessées.
Mais Béja détient le triste record des décès
Lorsqu’il s’agit des accidents mortels, le classement change.
Béja arrive en première position avec 31,72% des décès enregistrés dans la région.
Le gouvernorat est suivi par :
Le Kef : 27,59%
Jendouba : 22,76%
Siliana : 17,93%
Un chiffre qui place Béja au cœur des préoccupations en matière de sécurité routière.
Des « points noirs » à identifier
Face à ces indicateurs, l’ONSR appelle à renforcer le suivi et les actions de sensibilisation, notamment au niveau des points noirs, mais aussi à mieux identifier les causes et les facteurs responsables de l’augmentation du nombre de victimes.
L’objectif est de ne pas se limiter à constater les accidents, mais de comprendre où ils se produisent, pourquoi ils se produisent et quels facteurs favorisent leur gravité.
L’ONSR, à travers ses antennes régionales et en coordination avec ses partenaires, notamment l’Agence technique des transports terrestres et les unités sécuritaires, analyse ainsi les données disponibles afin de déterminer les priorités et d’adapter les interventions.
Le contrôle technique au cœur du problème
Autre signal d’alerte : 52,58% des accidents enregistrés à l’échelle nationale impliquent des véhicules concernés par le contrôle technique.
Cette donnée souligne l’importance du contrôle de l’état mécanique des véhicules et de la nécessité de renforcer la prévention liée à leur sécurité.
Deux-roues : un danger particulièrement meurtrier
Les deux-roues motorisés constituent également un facteur majeur de risque.
Ils représentent à eux seuls 33% de l’ensemble des décès causés par les accidents de la route.
Une proportion particulièrement élevée qui confirme la vulnérabilité des motocyclistes et appelle à renforcer la sensibilisation, le contrôle et le respect des règles de circulation.
Au-delà des chiffres, une urgence : sauver des vies
Les statistiques du Nord-Ouest dessinent une carte inquiétante :
Jendouba concentre les accidents et les blessés, tandis que Béja enregistre la plus forte proportion de décès.
Mais derrière chaque pourcentage se trouvent des vies brisées, des familles endeuillées et des victimes dont les conséquences peuvent être durables.
La lutte contre l’insécurité routière ne peut donc pas se limiter aux campagnes ponctuelles. Elle passe par l’identification des points noirs, l’amélioration des infrastructures, le contrôle technique, la responsabilisation des conducteurs et une attention particulière aux deux-roues motorisés.




















