On ne sort pas d’une crise sans tomber dans une autre. C’est devenu le destin des tunisiens. Alors que les tunisiens sortent progressivement d’une crise sans précédent de coupures d’eau et d’électricité au même moment d’une canicule historique, qu’ils se trouvent aujourd’hui face à la pénurie d’eau minérale en bouteille.
Les signes de cette crise sont palpables au niveau des grandes surfaces qui imposent déjà une politique de rationnement, avec un pack de 6 bouteilles par client. Dans les points de distribution d’eau minérale, les quantités sont très réduites, plusieurs marques sont absentes et il n’est plus possible de s’approvisionner normalement selon les quantités voulues.
On retrouve en Tunisie plus de 35 unités d’embouteillage d’eau minérale, qui produisent chaque année 3 milliards de litres. Les tunisiens sont parmi les plus grands consommateurs d’eau minérale au monde avec une moyenne de 250 litres par habitant soit une charge de 130 dinars par ménage par mois.
La canicule exceptionnelle enregistrée pendant les 10 derniers jours ainsi que les coupures permanentes d’eau de robinet ont fait augmenté la consommation, ce qui a mis une pression énorme sur l’approvisionnement. Pourtant le ministère du commerce, en coordination avec les producteurs prévoit avant la période estivale, la constitution de stocks stratégiques pour répondre à la hausse de la consommation.
Le manque d’eau minérale dans les points de vente et les dépôts de stockage a créé aussi une situation de panique avec des achats excessifs de la part des ménages, des cafés, des hôtels et des restaurants afin de constituer leur propre stock.
Le malheur est que cette situation de perturbation dans l’approvisionnement s’est accompagnée par une hausse incompréhensibles des prix. Le pack de 6 bouteilles de 2 litres qui est vendu à 4.200 d est passé à 5 dinars en moins d’une semaine. Une spéculation qui profite aux grands dépôts et distributeurs d’eau minérale.
Une situation critique qui semble s’installer dans la durée, dans un silence et un immobilisme étrange de la part des organes de contrôle que ce soit au ministère du commerce ou du côté de l’Office du thermalisme (ministère de la santé).
Le consommateur tunisien est devenu habitué par force à ce genre de pénurie, mais lorsqu’elle s’accompagne avec une hausse des prix la situation devient insupportable.
Cette situation pose aussi la question de la qualité de l’eau de robinet, dont plusieurs tunisiens ne l’utilisent que pour l’usage quotidien et non pour la boisson.
Il est évident que les tunisiens sont devenus les champions du monde de la vie extrême.




















