Tunis, le 24 juillet 2026. Il est des institutions dont l’histoire se confond avec celle de la souveraineté économique d’une nation. La Société Tunisienne de Banque, gardienne séculaire des deniers publics et bras armé du financement de l’économie réelle, vient de dévoiler, dans un geste de transparence que l’on ne saurait trop saluer, ses indicateurs d’activité relatifs au deuxième trimestre de l’exercice 2026. Et le verdict, loin d’être un simple relevé comptable, se lit comme le récit d’une citadelle qui, sous les assauts conjugués de la baisse des taux et de la contraction du crédit, refuse obstinément de plier.
Car c’est bien de résilience qu’il s’agit. Quand d’aucuns auraient cédé au vertige devant un produit net bancaire en repli de 10,45%, la STB, elle, a préféré parler le langage des chiffres solides : plus de 12.973 milliards de dinars de dépôts collectés, une progression fulgurante de 10,33% en un an, véritable plébiscite populaire pour l’établissement de la rue Hédi Nouira.
Une Collecte de Dépôts qui Force le Respect
Dans un climat où la confiance bancaire se gagne au prix fort, la STB a su démontrer, chiffres à l’appui, qu’elle demeure le sanctuaire privilégié de l’épargnant tunisien. Les dépôts à vue bondissent de 7,42% pour atteindre 4.623,6 millions de dinars, tandis que l’épargne, cette vertu cardinale que la Banque cultive depuis des décennies, progresse de 7,61% à 5.155,6 millions de dinars. Mais c’est du côté des dépôts à terme que l’embellie prend des allures de consécration : une envolée de 24% qui porte l’encours à 2.810,1 millions de dinars, témoignage éclatant de la confiance renouvelée des épargnants dans la solidité de l’institution.
« Une progression de 1.215,1 millions de dinars de dépôts en un an, soit l’équivalent d’une nouvelle banque de taille moyenne captée en douze mois. »
Le Produit Net Bancaire à l’Épreuve du Cycle des Taux
Il serait malhonnête, et indigne de la rigueur journalistique qui sied à cette chronique, de taire les zones d’ombre de cet exercice. Le produit net bancaire recule à 313,8 millions de dinars, amputé de 36,6 millions de dinars par rapport à juin 2025, sous l’effet d’une baisse conjuguée des produits d’exploitation bancaire (-8,80%) et, en particulier, de la contraction spectaculaire des revenus d’intérêts (-22,14%). Ce repli, loin d’être une fatalité propre à la STB, traduit l’onde de choc que la détente monétaire orchestrée par la Banque Centrale de Tunisie fait porter sur l’ensemble de la profession bancaire.
Le coefficient d’exploitation, cette jauge impitoyable de l’efficience opérationnelle, s’établit désormais à 56,92%, contre 47,50% un an plus tôt — signe que la maîtrise des charges devra, dans les trimestres à venir, redevenir la priorité absolue des instances dirigeantes.
Le Portefeuille-Titres, Nouvelle Citadelle de la Rentabilité
Là où d’autres auraient vu une faiblesse conjoncturelle, la direction de la STB a su déceler une opportunité stratégique. Le repositionnement massif vers le portefeuille-titres d’investissement, en hausse vertigineuse de 20,31% pour culminer à 5.032,9 millions de dinars, révèle une lecture fine et anticipatrice des marchés obligataires souverains. Les revenus du portefeuille-titres, en progression remarquable de 17,11% à 246,8 millions de dinars, viennent ainsi partiellement compenser l’érosion de la marge d’intérêt classique — signe indéniable d’une gestion actif-passif qui sait tirer parti des cycles plutôt que de les subir.
Des Fonds Propres qui Ne Fléchissent Point
Ultime rempart et fierté légitime de l’établissement : les capitaux propres, hors résultat de la période, s’affermissent à 1.310,6 millions de dinars, en progression de 2,30%. Un socle patrimonial qui, dans un secteur bancaire tunisien traversé par les vents de la consolidation et de la digitalisation forcée, confère à la STB une assise que peu de ses consœurs peuvent aujourd’hui revendiquer avec autant d’aplomb.
En Guise d’Épilogue
Au terme de ce deuxième trimestre 2026, la Société Tunisienne de Banque se présente moins comme une institution en difficulté que comme un colosse en pleine mutation, contraint de réinventer ses équilibres traditionnels sous la pression d’un environnement de taux moins généreux. La baisse du produit net bancaire n’est que l’écume d’une vague plus profonde ; l’essentiel, la confiance massive et renouvelée des déposants tunisiens, demeure intact, et c’est peut-être là, au fond, le véritable indicateur qui compte.
Source : Avis des Sociétés, Indicateurs d’activité trimestriels arrêtés au 30/06/2026, Société Tunisienne de Banque.
| PRODUIT NET BANCAIRE
313,8 MD -10,45% |
ENCOURS DES DÉPÔTS
12 973,0 MD +10,33% |
CAPITAUX PROPRES
1 310,6 MD +2,30% |




















