L’Etat est en train de déployer de grands investissements dans le secteur des transports publics. L’acquisition de centaines de nouveaux bus pour la société Transtu et les sociétés de transport régional a nettement amélioré la qualité du transport dans plusieurs villes et principalement à la capitale. La mise en service, après des années de retards, du RER a contribué aussi à réduire l’enclavement de certaines régions de la capitale. Malgré toutes ces avancées, le transport public par métro est en constante dégradation.
La majorité des rames de métros actuels datent de plus de 40 ans. Ils sont amortis depuis des lustres, et pourtant ils continuent à circuler. Outre le confort interne qui laisse à désirer, la violence qui règne sur certaines lignes et stations, l’absence d’horaires fixes pour les métros, ce moyen de transport est devenu un danger de mort.
Les portes de la majorité des métros qui circulent sur les lignes 1, 2, 3, 4, et 5 sont constamment ouverts avec des jeunes qui s’accrochent aux poignées. Durant les périodes de grandes affluences, les passagers débordent des différentes portes. Une image qui nous rappelle des scènes d’anciens films égyptiens ou le transport en Inde ou au Pakistan.
Des accidents dramatiques sont survenus suite à des portes restées ouvertes.
Le 29 Octobre 2025, un jeune homme a trouvé la mort après avoir chuté d’une rame du métro de la ligne 4, entre les stations Bab Laassal et Bab Saadoun, en direction de La Manouba.
Le 8 Janvier 2024, une mère de 5 enfants chute mortellement du métro n°4 reliant Tunis à la Manouba.
Le 7 janvier 2022, un autre enfant est décédé suite à une chut d’une rame à la station de Bab Saadoun.
Uns situation inacceptable. Aujourd’hui, malheureusement la règle est de voir des métros avec des portes ouvertes et l’exception c’est de les voir fermées. Or selon les normes de sécurité de la Transtu, un métro qui n’a pas toutes ses portes fermées ne doit pas circuler.
Les passagers eux même ont contribué à cette situation. Des jeunes qui bloquent les portes ou les ouvrent par force, ont endommagé les mécanismes de fermeture des portes.
Quoi qu’il en coûte, la Transtu doit réparer toutes les portes. Combien faut-il attendre de morts dans nos métros pour avoir conscience du danger ?
abou farah