Le secteur bancaire en Tunisie est aujourd’hui la colonne vertébrale de l’économie nationale, et l’un des supports incontournables des finances publiques. Les actifs des banques résidentes représentent 108 % du PIB et ont atteint 174 milliards de dinars en 2024. Nos banques ont accordé des crédits aux professionnels de l’ordre de 92 milliards de dinars en 2025. De son côté, l’encours global des Bons du Trésor a atteint 37,51 milliards de dinars à la fin août 2026, marquant une forte hausse de 25% sur un an. Le PNB des banques cotées a atteint 7.3 milliards de dinars en 2025.
Malgré cette importance le projet du gouvernement pour soutenir ou réformer ce secteur pour améliorer ses ratios est très maigre.
Le projet du budget économique pour 2027 n’a consacré que 4 lignes au secteur bancaire dans un document de 311 pages. En effet, pour 2027, le gouvernement prévoit de continuer l’amélioration de la surveillance des banques et la mise en œuvre de la politique des crédits classés. Il est aussi prévu d’accélérer le programme de restructuration des banques mixtes et la BFPME et l’amélioration des services des institutions de garantie. Aucun objectif chiffré n’a été avancé.
Selon le dernier rapport annuel sur la supervision bancaire publié par la BCT, le taux des créances classées s’établit à 14,5 % pour l’ensemble du secteur bancaire tunisien et le taux de couverture par provisions atteint 50.5%. Ce niveau est jugé très élevé et représente l’une des vulnérabilités structurelles du secteur. Le budget économique n’avance aucun outil ou mesure pour réduire ce taux. Le gouvernement ne s’est même pas focalisé sur les créances classées des banques publiques qui atteignent des niveaux dépassant la moyenne du secteur (entre 16 et 23%).
Le document n’a pas fixé d’objectifs ou avancé des mesures pour l’amélioration de la digitalisation des banques et la qualité des services bancaires.
Echappent à ce document aussi des mesures ou des orientations pour l’amélioration de la gouvernance des banques publiques qui souffrent d’une gestion parfois chaotique.
Le document du budget économique a affirmé l’amélioration de la surveillance des banques, mais a omis d’indiquer la démarche à suivre pour l’adoption des normes internationales Balle III dont on parle depuis des années.
Certes on ne peut tout traiter dans un budget économique surtout qu’il couvre seulement une année du plan. Mais on peut tout de même traiter les grands dossiers.
La maigre importance donnée au secteur bancaire à travers le document du budget économique traduit encore une fois la vision minimaliste du gouvernement qui considère le secteur comme un simple pourvoyeur de fonds et non pas un créateur de valeur.




















