Longtemps associé à ses paysages désertiques et à son patrimoine exceptionnel, Tataouine entend désormais renforcer sa vocation agricole, avec les dattes parmi les filières appelées à prendre une nouvelle dimension.
Le gouvernorat dispose actuellement d’un potentiel encore limité mais prometteur : près de 50 hectares de palmeraies, environ 5 000 palmiers productifs et une production annuelle estimée entre 100 et 150 tonnes, répartie sur près de 70 exploitations agricoles.
Mais le véritable changement d’échelle pourrait venir du pôle agricole et du périmètre irrigué de Borj Bourguiba, dont la première composante est en cours de mise en place. Ce projet prévoit l’aménagement de 1 000 hectares dédiés notamment au palmier dattier et à l’olivier, pour un investissement global de 178 millions de dinars.
L’ambition est claire : augmenter les capacités de production, soutenir l’investissement agricole, préserver la biodiversité désertique et faire émerger une nouvelle dynamique économique dans la région.
Une nouvelle saison sous haute surveillance
À l’approche de la campagne 2026-2027 de récolte et de commercialisation des dattes, les autorités régionales ont réuni la commission chargée du suivi de la campagne afin d’évaluer les préparatifs.
Les discussions ont notamment porté sur le renforcement des mécanismes de soutien aux agriculteurs, l’accompagnement des petits producteurs et la protection phytosanitaire des palmiers.
La question du stockage figure également parmi les priorités. Les autorités souhaitent disposer de capacités suffisantes pour absorber la production et encourager les agriculteurs à assurer eux-mêmes le stockage dans le respect des normes en vigueur.
Le pari de Tataouine : faire pousser l’agriculture dans le désert
Le gouverneur de Tataouine a appelé à préparer minutieusement la nouvelle campagne et à accompagner les agriculteurs à toutes les étapes afin d’améliorer la production et la productivité.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte national particulièrement favorable au secteur. La récolte tunisienne de dattes a atteint 404 mille tonnes lors de la précédente saison, un niveau record qui s’est accompagné d’une progression des exportations.
Avec le projet de Borj Bourguiba, Tataouine cherche donc à passer d’une production encore modeste à une véritable filière agricole structurée, capable de créer de la valeur dans une région où l’eau et les terres agricoles restent des ressources stratégiques.




















