La Banque Mondiale vient de publier son rapport pour le mois de Juin sur les perspectives économiques mondiales. Une révision à la baisse de plusieurs indicateurs à cause du conflit au moyen orient. Pour cette année la Tunisie est créditée d’une perspective de croissance de 2.5% alors que la région Moyen-Orient Afrique du Nord est créditée d’une croissance moyenne de 1.6%.
Les perspectives de la Banque Mondiale sont en deçà des projections du gouvernement qui table sur une croissance du PIB aux alentours de 3.3%.
Pour rappel la Banque Africaine de Développement don son rapport du mois de Mai a prévu une croissance de 2.1% en 2026 pour la Tunisie. Le FMI dans son rapport du mois d’Avril a de son côté prévu le même niveau avec 2.1% en 2026 et 1.6% en 2027.
La BERD vient aussi d’actualiser ses perspectives pour la Tunisie avec une estimation de croissance de 2.2% en 2026 et 2027.
Ces chiffres confirment que les prévisions du gouvernement sont très ambitieuses pour l’année en cours et que tous le modèle devrait être changé. Une loi des finances complémentaires est à envisager dans ce sens.
Pour la région Afrique du Nord, les perspectives pour la Tunisie sont les plus basses. En effet, les projections de croissance pour le Maroc sont de 4.2%, pour l’Algérie de 3.7% et pour la Libye de 4.5%. Ce sont principalement les pays pétroliers qui vont tirer leur épingle du jeu, vu la hausse des cours du brut. Selon le rapport de la Banque Mondiale le cours du pétrole sera de 94 dollars en moyenne pour toute l’année 2026 si les perturbations s’arrêtent au mois de Juillet. Pour son budget actuel, la Tunisie a prévu un baril à 63.3 dollars.
2.5% de croissance à l’échelle mondiale :
A l’échelle mondiale et selon les dernières Perspectives économiques mondiales du Groupe de la Banque mondiale, le conflit au Moyen-Orient devrait ramener la croissance mondiale à son niveau le plus bas depuis le début de la pandémie de COVID-19, sur fond de flambée des prix de l’énergie, de regain de l’inflation et de renchérissement des coûts d’emprunt.
La croissance mondiale devrait ralentir à 2,5 % en 2026, contre 2,9 % en 2025. Pour deux tiers des économies du monde, les prévisions ont été revues à la baisse par rapport à celles établies au mois de janvier de cette année. La croissance de l’économie mondiale devrait se redresser à 2,8 % en 2027, mais restera inférieure de 0,4 point de pourcentage à la moyenne enregistrée durant les années 2010. Plusieurs années de faible croissance ont mis un coup d’arrêt au processus de rattrapage des économies en développement sur les économies avancées. Le rapport constate qu’en 2028 les économies en développement hors Chine et Inde auront collectivement traversé près d’une décennie sans réduire leur écart de revenu par habitant vis-à-vis des économies avancées.
Alors que la fermeture du détroit d’Ormuz a gravement perturbé les marchés de l’énergie, le rapport prévoit que le prix du pétrole Brent atteindra en moyenne 94 dollars le baril en 2026 (soit une hausse de 36 % par rapport à 2025), et ce en supposant que les perturbations les plus graves s’atténuent en juillet. Les prix des engrais devraient fortement augmenter cette année, avec des répercussions en cascade sur les prix alimentaires. Ces pressions conjuguées font remonter l’inflation mondiale, qui devrait s’établir à 4,0 % cette année, contre un taux de 3,3 % enregistré en 2025.




















