ven. Sep 18th, 2020

A la veille du nouveau round des négociations : L’ALECA suscite les craintes des pharmaciens !

Les négociations entre la Tunisie et l’Union européenne (UE) qui se deroulentdu 29 avril au 3 mai 2019, au sujet de l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) suscitent des craintes, non seulement dans le domaine de l’agriculture, mais, aussi, dans d’autres secteurs, notamment l’industrie pharmaceutique, la santé publique et la pharmacie. A cet effet, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a appelé, hier, le gouvernement à signer un accord équitable et à même de procurer une protection au secteur de la santé publique, dans le cadre de cet accord.

Outre la libéralisation des échanges dans le secteur industriel, deux autres domaines qui sont restés en dehors de l’accord de libre échange pour l’année 2008, à savoir le secteur de l’agriculture et le secteur des services seront intégrés dans l’accord.

Dans un communiqué rendu public peu avant le démarragedes négociations entre la Tunisie et l’UE, le Conseil a souligné la nécessité d’appliquer la flexibilité garantie par l’accord, aux droits de la propriété intellectuelle qui touchent le commerce (ADPIC).

Le vice-président du Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Tunisie, NaoufelAmira, a fait part des préoccupations des pharmaciens face au risque de « saper l’industrie pharmaceutique en Tunisie », surtout que la possible signature de l’accord entrainera, automatiquement, une libéralisation totale du secteur pharmaceutique dans le pays.

Il a ajouté que la libéralisation du secteur, entrainera la délocalisation d’institutions pharmaceutiques européennes vers la Tunisie, et provoquerait en conséquence, une concurrence déloyale avec le secteur pharmaceutique local, dans la mesure où les pharmacies européennes ne sont pas tenues de respecter des engagements liés au système de répartition géographique et démographiques appliqué sur les pharmacies en Tunisie, réaffirmant « le rejet catégorique » de l’accord par le syndicat.

Il a ajouté que la libéralisation du secteur pharmaceutique conduirait à la libéralisation des ventes des médicaments, « ce qui va à l’encontre de la politique de la Tunisie qui impose des restrictions sur les médicaments similaires à ceux fabriqués sur le marché local » a-t-il indiqué, soulignant qu’il s’agit d' »une mesure incitative qui appuie l’industrie pharmaceutique nationale ».

Le responsable syndical a, en outre, dénoncé la poursuite des négociations sur cet accord par le gouvernement d’une façon unilatérale, en dépit du refus des organisations professionnelles et syndicales, soulignant que les organisations professionnelles n’ont pas été associées à ces négociations.

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