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Première conférence annelle de l’Euro-Mediterranean Network for Economic Studies (EMNES): Vers des modèles socio-économiques dynamiques, durables et axés sur l’emploi

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Euro-Mediterranean Network for Economic Studies (EMNES) vient d’organiser le  jeudi 15 décembre 2016, sa première conférence annelle, à l’hôtel l’Acropole, sous le thème : « Vers des modèles socio-économiques dynamiques, durables et axés sur l’emploi dans la région méditerranéenne: quels rôles pour les institutions, les micro-petites et moyennes entreprises? ».

L’EMNES est un réseau d’institutions de recherche et groupes de réflexion (think thank) d’Europe et de la région méditerranéenne, spécialisé dans la recherche économique, sociale et les études de productivité. Il s’est focalisé cette année sur l’employabilité et le développement durable comme nouveau modèle socio-économique qui vise à offrir une nouvelle vision du développement socio-économique axée principalement sur la création d’emplois, l’inclusion sociale et le développement durable.

Rym Ayadi : directrice scientifique de (EMNES)

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L’entrepreneuriat comme une solution au chômage

La directrice du CIRFC, Rym Ayadi, directrice scientifique de l’Euro-Mediterranean Network of Economic Studies (EMNES) a présidé cette première conférence annuelle de l’EMNES. Elle a indiqué dans son intervention que l’objectif principal est de créer des emplois décents et durables grâce à des activités productives.

Avec une capacité limitée du secteur public à absorber le chômage, la promotion du secteur privé peut être une solution pour la création d’emplois. Des emplois sont créés principalement par le secteur privé au niveau mondial. Cependant, dans de nombreux pays, la population est confrontée à des obstacles au démarrage ou à l’expansion des activités productives.

Elle a ajouté que le développement des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) est un mécanisme éprouvé et efficace pour faciliter le développement économique et c’est dans ce secteur vital que l’entrepreneuariat nécessite un soutien important de l’orientation et de l’investissement. Dans le même temps, les jeunes sont  donc une priorité et la force motrice pour le développement socio- économique et l’innovation de notre société.

Favoriser l’esprit d’entreprise et le développement de micro-entreprises sont essentiels pour développer l’emploi, les possibilités de gain et de réduire la pauvreté. Des conditions macro- économiques et un environnement des affaires solides, y compris les infrastructures, la réglementation et l’environnement juridique doivent être généralement destinés à améliorer les possibilités du marché du travail. Alors que ceux-ci demeurent pertinents, une attention croissante est portée sur le rôle des politiques qui visent à améliorer la productivité et réduire les contraintes parmi les entrepreneurs des pays en développement.

Cependant, la création d’emplois dans les petites entreprises a besoin de répondre à la nécessité d’éliminer les obstacles aux petites et micro-entreprises, leur permettant de se développer et remplir le chaînon manquant, et de soutenir les jeunes à devenir entrepreneurs et de créer leurs propres emplois. Très peu de petites et micro-entreprises parviennent à se développer et devenir des grandes entreprises. Pour encourager la création d’emplois, les gouvernements doivent se concentrer sur l’élimination des obstacles qui sont spécifiques aux petites et moyennes entreprises et de soutenir leur croissance dans des entreprises productives.

Jacques Charmes : Economiste, Directeur de recherche émérite, IRD.

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L’économie sociale et solidaire constitue un secteur créateur d’emploi vers lequel les jeunes ont tendance à s’orienter.

Jusqu’en 2010, la Tunisie connaissait le plus faible taux d’emploi dans l’économie informelle des pays de la région d’Afrique du Nord.

La révolution tunisienne s’est traduite dans un premier temps par une forte baisse de l’emploi dans l’économie informelle (tombé à 33,9 % en 2012), puis par une forte hausse à partir de 2013 (passant à 37,8 % en 2013, 38,8 % en 2014 et 40,8 % en 2015), alors que les pays voisins, soucieux de préserver leur stabilité, entreprennent ou accélèrent des politiques actives du marché du travail qui tendent à le réduire (Algérie, Maroc).

Le secteur informel prend une part de plus en plus grande dans l’économie des pays en développement et plus particulièrement en Afrique, en termes de production, de distribution de revenu ainsi que de création d’emplois. De plus, les stratégies de réduction de la pauvreté placent au centre des politiques de développement les questions d’emploi ou de micro finance, intimement liées au secteur informel. Par ailleurs, vu l’impact de la crise économique et financière mondiale et des autres crises, il est indéniable que l’économie informelle, qui, dans les pays africains, est à l’origine de la création de plus de 80% des emplois, a un rôle clé à jouer pour la survie des populations les plus pauvres.

Les connaissances que l’on a de l’économie informelle permettent de savoir que les jeunes n’en représentent qu’une faible part. On connaît plus mal en revanche la part que représente cette économie dans l’emploi des jeunes. Elle est considérable ainsi que le révèlent des enquêtes récentes menées en Tunisie.

L’emploi des jeunes (des jeunes diplômés en particulier) est une question globale qui se pose dans toutes les régions du monde, mais avec encore plus d’acuité qu’ailleurs en Afrique du Nord. Cette question requiert une approche pluridimensionnelle, macro-économique bien sûr, mais aussi par des politiques du marché du travail visant à améliorer l’employabilité des jeunes, à encourager l’entrepreneuriat, et à respecter leurs droits légitimes.

L’emploi informel restant le premier employeur, devant l’emploi public et l’emploi privé formel dans de nombreux pays en développement, il constitue donc évidemment une voie d’insertion de toute première importance pour les jeunes.

Parmi les recommandations, il conviendrait de repenser le système d’appui aux petits projets en l’unifiant et en l’aidant à aller au-devant des

jeunes en mobilisant le mouvement associatif à cet effet. Les avantages consentis aux petits projets devraient être relativement plus significatifs que ceux accordés aux grands projets et bénéficier à tous les projets, qu’ils

fassent appel ou non aux institutions publiques. La revalorisation des spécialités professionnelle, le développement des stages en entreprise et

l’incitation à l’initiative privée doivent également devenir ou redevenir des

priorités.

Enfin, l’économie sociale et solidaire constitue un secteur créateur d’emploi vers lequel les jeunes ont tendance à s’orienter.

Mustapha Kamel Nabli : Ex Gouverneur de la BCT

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« On n’a pas de nouveau modèle économique ! On a besoin de changement et de redéfinir le rôle de l’Etat »

Mustapha Kamel Nabli a donné un aperçu sur les résultats du  modèle de développement appliqué par la Tunisie au cours des années qui ont précédé la révolution. Malgré quelques indicateurs positifs, certaines lacunes ont été constatées, notamment au niveau du développement régional. «La Tunisie n’a pas réussi à réaliser une croissance durable » a-t-il conclu.

« On parle aujourd’hui d’un modèle économique inclusif en Tunisie!. La balance macro-économique est déséquilibrée, le choc entre la Centrale syndicale et l’UTICA a beaucoup coûté au pays et la recherche scientifique est quasi inexistante », a indiqué l’ancien Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie.

« On n’a pas de nouveau modèle économique ! On a besoin de changement et de redéfinir le rôle de l’Etat » avait-il ajouté.

Face à une situation économique précaire, la Tunisie est appelée à trouver des solutions structurelles en vue d’améliorer le rendement de l’économie nationale, générer de nouveaux postes d’emploi et attirer plus d’investissements de qualité.
Des réformes doivent être opérées au niveau de l’économie et de l’administration .Il importe aussi  de mener les réformes de l’éducation et de la formation, ainsi que la réforme du secteur financier et sa capacité à financer l’investissement.

« La question du développement est devenue essentielle pour l’avenir du pays. Cependant,  un tel objectif ne peut être atteint que par l’augmentation de l’investissement, l’amélioration de la productivité et le développement dans les régions intérieures. »

Sonia Chikhaoui

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