Dim. Mai 9th, 2021

La Datamatrix dans les médicaments: pour la promotion des exportations et la protection des consommateurs

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L’industrie pharmaceutique en Tunisie est très développée en comparaison avec d’autres pays. Le développement de cette industrie est très important, en témoigne la récente introduction de la société UNIMED à la bourse de Tunis.

La Tunisie compte plus de 41 unités de production contre 3 seulement en 1989. Grâce à ce tissu industriel la Tunisie arrive à couvrir plus de 60% de ces besoins en valeur. En plus, l’industrie tunisienne des médicaments est exportatrice et arrive à exporter plus de 50 MD chaque année en médicaments, et 120 MD en dispositifs médicaux.

Cette industrie est en train de perdre des marchés à l’exportation car elle ne s’est pas mise en norme avec les exigences internationales en matière d’étiquetage et de traçabilité. En effet, la Tunisie a perdu le marché de l’Arabie Saoudite à cause de non adoption de la DATAMATRIX sur les médicaments, en faveur des industries jordaniennes.

C’est quoi la Datamatrix ?

Le code Datamatrix est un code d’identification bidimensionnel (2D) qui se présente sous la forme d’un symbole carré ou rectangulaire constitué par des points ou des carrés juxtaposés. Cette représentation constitue un quadrillage ordonné de «points» (cellules) noirs et de «points» (cellules) blancs délimités par des motifs géométriques (appelé L ou motif de repérage) qui permettent de spécifier l’orientation et la structure du symbole.

Le code Datamatrix a plusieurs avantages par rapport aux codes linéaires ou codes à barres 1D:

Une plus grande capacité d’information codée dans un encombrement réduit :  50 caractères peuvent être encodés dans un code Datamatrix mesurant seulement 6 mm de coté.

La lecture du code Datamatrix se fait sur 360 degrés avec des produits basés sur la technologie CMOS ou CCD, Imager ou Caméra.

Un code Datamatrix même endommagé à près de 20 peut être lu sans perte de données grâce au niveau de redondance de l’information présent à l’intérieur du code (ECC 200).

En Tunisie c’est la société GS1, ex tunicode qui gère l’attribution de ces codes. Plusieurs pays dans le monde sont déjà passés à la Datamatrix dans le secteur des médicaments, mais la Tunisie ne s’a pas jusqu’à présent adhéré.

C’est dans ce cadre que l’Institut National de la Consommation, la société GS1 et la Direction de la Pharmacie et des médicaments, ont organisé un séminaire le 03 Mai 2016 à l’IACE afin de sensibiliser les industriels sur l’importance de l’adoption de cette technologie, ainsi que l’annonce d’un texte règlementaire qui va imposer l’application de cette norme d’ici 2019.

Le séminiare a été ouvert par les deux ministre concernés, à savoir monsieur Mohsen Hassen, ministre du commerce et monsieur Said Aidi, ministre de la santé. La présence des deux ministres est un signal fort de la volonté de faire adhérer la Tunisie aux normes internationales dans le domaine de l’industrie pharmaceutique.

Sur un autre plan, la Datamatrix est un élément important qui va faciliter la traçabilité des médicaments et le rappel de produits en cas de problèmes.

Le directeur général de l’institut National de la Consommation a rappelé le rôle de la Datamatrix dans la lutte contre la contrefaçon des médicaments, puisque ce code est difficilement copiable. Les chiffres qu’il a présentés sont effrayants.

» 1 médicament sur 10 vendus dans le monde est une contrefaçon ce chiffre peut atteindre 7 sur 10 dans certains pays.

» Ces dernières années, les médicaments contrefaits font partie des saisies les plus importantes retenues par les douanes européennes.

» 200 milliards de dollars en 2014 contre 75 milliards de dollars en 2010 : ce sont les profits engendrés par la contrefaçon de médicaments ; ils sont supérieurs à ceux issus du trafic de stupéfiants.

» 1000 dollars investis dans le trafic de médicaments contrefaits rapporterait jusque 500 000 dollars aux organisations criminelles. Le trafic d’héroïne et de fausse monnaie rapporte 20 000 dollars.

La contrefaçon représente un risque mortel pour le patient : selon l’OMS, 100 000 à 1 000 000 de patients mourraient chaque année.

Toujours selon l’OMS, sur le million de décès annuels dus au paludisme, 200 000 pourraient être évités si les malades étaient soignés avec de vrais médicaments.

En Tunisie le phénomène n’est pas très répandu dans le secteur des médicaments, mais dans le paramédical et les produits de beauté  il est très important.

Ce séminaire était une bonne occasion pour informer les professionnels sur la nécessité de se mettre en norme et d’annoncer une date de début d’application qui sera 2019 pour tous les professionnels.

Reste à signaler de l’adoption de la Datamatrix dans les médicaments doit être accompagné par ce qui suit :

– L’adoption de la Datamatrix dans les médicaments vétérinaires,

– L’implication des pharmaciens dans cette stratégie

– L’implication importante de la CNAM pour pouvoir suivre l’approvisionnement et la consommation des médicaments qu’elle rembourse.

Un grand bravo pour la synergie qui s’est crée entre différentes structures à savoir l’INC, GS1 et la DPM du ministère de la santé.

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