Lun. Juin 14th, 2021

Jamel Sassi Président Comité Sientifique 32éme Congrés OECT: Anticiper, créer la valeur, innover 3 mots d’ordre pour faire face à la crise.

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L’Ordre des Experts Comptables de Tunisie (OECT) organise, sous le Haut Patronage de son Excellence le Président de la République, son 32ème congrès international les 26 et 27 mai 2016 à l’Hôtel Regency Gammarth sous le thème : « Performance de l’entreprise en période de crise ».

Interview : Mr Jamel SASSI, Expert comptable, Président du Conseil Régional du Nord, Président du comité scientifique du 32ème congrès international de l’OECT.

Q1- L’OECT organise les 26 et 27 mai son 32ème congrès international. En tant que président du comité scientifique de ce congrès, quelle est votre cible en matière de participants et autres invités?

R1- Seront invités à intervenir lors du congrès des hommes politiques, des experts, des universitaires, des décideurs économiques tunisiens et étrangers ainsi que des représentants d’organismes de renommée internationale dont tout particulièrement la Banque Mondiale.

Nous nous attendons à la participation de plus de 800 congressistes parmi les hautes compétences et les hauts cadres tunisiens et étrangers ainsi que des représentants de différentes organisations nationales, régionales et internationales des experts comptables telles que la Fédération Internationale des Experts Comptables Francophone (FIDEF) qui tiendra son Conseil d’Administration en marge du congrès, la Fédération Panafricaine des Experts Comptables (PAFA) et l’Association Arabe des Comptables et auditeurs (AFAA).

L’ouverture officielle du congrès sera assurée par Mr Habib ESSID Président du Gouvernement.

Q2- Pouvez-vous nous donner un aperçu sur les thèmes du congrès et sa problématique?

R2- La conjoncture économique mondiale caractérisée par d’importantes mutations sociales, économiques et politiques ainsi que la crise post-révolution que connaît certains pays dont la Tunisie constituent un environnement défavorable pour la performance de l’entreprise. Face à ce contexte hostile, des défis sont à relever pour conserver la pérennité de l’entreprise et assurer sa croissance ce qui lui permettrait d’accomplir ses rôles et réaliser les objectifs de performance escomptés.

Dans notre congrès, nous essayerons de démontrer que, dans ce contexte, les entreprises peuvent être performantes et que des opportunités peuvent exister pour atténuer les effets néfastes de cet environnement.

Nous avons prévu d’organiser notre manifestation autour des thèmes suivants :

Session plénière 1 : évolution du contexte des entreprises post-révolution

• La période de crise et les difficultés économiques en Tunisie : état des lieux

• La notion de performance en temps de crise : opportunités, enjeux, défis et perspectives

• Optimiser la performance de l’entreprise : un enjeu majeur en temps de crise

• Les mesures d’accompagnement et le rôle de l’État pour favoriser la performance en période de crise

Session plénière 2 : comment accroître la performance de l’entreprise en temps de crise

• Les entreprises du secteur public en difficultés économiques : quelles mesures pour améliorer leurs performances ?

• Le Partenariat Public Privé pour une meilleure performance de l’entreprise.

• La fiscalité levier de performance.

• Prospecter les nouvelles opportunités pour une performance durable

• L’Expert Comptable accélérateur de performance et garant de la pérennité des entreprises

• Apport des marchés de capitaux

• La problématique du financement des entreprises

• Apport des procédures collectives

Ateliers

• La lutte contre la corruption pour favoriser la performance de l’entreprise

• Quelle stratégie de développement à l’international au service des entreprises ?

• Application des normes IFRS comme vecteur de croissance

• La performance par le développement régional : c’est possible

• Rôle du secteur bancaire dans la performance de l’entreprise

• Gouvernance et optimisation de la performance de l’entreprise en période de crise

Session plénière de clôture : difficultés et défis des transitions post-révolution.

Q3- Quels  intervenants avez-vous choisis pour l’animation de votre congrès et quels seraient vos attentes ?

R3- De nombreux intervenants nationaux et étrangers : experts comptables, économistes, universitaires, chefs d’entreprises et autres compétences exposeront leurs recherches, études pratiques et outils dans l’objectif d’orienter les dirigeants d’entreprises et de les aider à surmonter la crise.

Présenter des propositions scientifiques et permettre aux participants de maitriser la façon d’intégrer durablement une stratégie de management leur apportant un équilibre social et économique seraient parmi nos attentes.

On envisage également de permettre aux différents intervenants d’échanger leur expérience sur des problématiques de management, de normes à intégrer, de réformes nécessaires…

Q4- Peut-on déjà affirmer que pour que l’entreprise retrouve sa prospérité, elle doit commencer par mieux comprendre la crise ?

R4- Je dois préciser que le chemin de la prospérité durable pour nos entreprises sera assez long.

Les causes fondamentales des déséquilibres économiques et sociaux étant analysées, les effets néfastes de la crise actuelle devraient être atténués notamment par des actions de secourisme financier.

Les experts comptables sont conscients de la situation et s’élèvent aujourd’hui pour inciter les dirigeants à réfléchir au sens profond de cette crise. Ils expriment des opinions critiques, souvent accompagnés de propositions, qui méritent l’attention des décideurs publics et privés, chefs d’entreprises, cadres, personnels… et citoyens.

Notre défi vise que cette dynamique de la pensée constitue un signal fort d’un vaste mouvement d’innovations multiples qui toucheront tous les aspects de la vie économique et sociale au sein des entreprises et autres organisations.

Q5- La notion même de  performance est – elle à repenser dans un contexte de crise ?

R5- Plusieurs approches des sciences de gestion ont essayé de cadrer la notion de performance des organisations en général et des entreprises en particulier. Toutefois, il est utile de rappeler que la notion de performance en période de crise est à repenser en vue d’adapter la réflexion à la spécificité de la période. C’est ainsi que certaines entreprises sont censées poursuivre des objectifs sociaux dont la réalisation est moins aisément mesurable que les objectifs financiers et qui peuvent nuire à leur performance économique.

Dans le contexte tunisien, la question des difficultés que vivent des entreprises publiques et privées a fait l’objet de plusieurs études qui n’ont pas donné de résultats corroborés pouvant être pris en considération dans les réformes projetées. Nous avons jugé très utile d’approfondir l’analyse de la notion de performance en période de crise et l’aptitude de l’entreprise à jouer son rôle économique dans un nouveau contexte tout en focalisant sur l’adaptation des approches et techniques de management au contexte actuel.

Q6- Certains auteurs continuent à croire que la réelle performance de l’entreprise dans les périodes difficiles est sa pérennité. Qu’en pensez-vous ?

R6- Tout d’abord, assurer la pérennité de l’entreprise en temps de crise n’est pas une mince affaire. Pour certains secteurs, réussir à mettre en place les moyens nécessaires pour assurer sa survie est déjà un acquis.

Toutefois, j’estime que les ambitions de l’entreprise, même en période de crise, peuvent dépasser le seul objectif de continuité d’exploitation. C’est ainsi que nos entreprises ont intérêt à prendre en considération aussi bien la création de valeur  que le  long terme. Un double objectif qui peut être atteint si on passe par l’innovation et par la performance des salariés.

La performance devrait être repensée au-delà des résultats, comme l’amélioration de la façon de faire. Il est vivement recommandé de s’intéresser à la manière de produire, à la réactivité et à la capacité de mobiliser l’intelligence collective et durable…

Q7- Quel rôle peut jouer l’expert comptable dans la réussite des entreprises en cette période ?

R7- Les experts comptables disposent d’une réelle expérience et d’une forte expertise aussi bien dans le secteur privé que public leur permettant d’accompagner les entreprises au plus près de leurs nouveaux enjeux et proposer des solutions en capitalisant sur leurs expériences internationales.

Les débats lors du congrès concerneront à la fois des aspects économiques pouvant déboucher sur des propositions concrètes au profit des dirigeants et des aspects techniques notamment sur le plan comptable, outils d’évaluation, référentiels… Ces débats constitueront une opportunité pour repenser l’intervention de l’expert comptable dans l’entreprise en le dotant d’un statut de partenaire incontournable et privilégié dans ce domaine.

Q8- Il semble que l’optimisation de la gestion de la performance financière constitue un enjeu majeur en temps de crise ?

R8- En effet, étant donner l’importance de ce sujet, nous avons prévu de débattre de l’évolution des priorités des entreprises en matière de gestion financière dans le contexte d’instabilité actuel.

Il est important d’abandonner les modèles classiques et innover dans les domaines de reporting, gestion budgétaire, gestion des prévisions et décisionnel.

En cette période de turbulence telle que celle que nous connaissons, la question est de savoir vers quel type d’utilisation les responsables financiers seront les plus attentifs ? Et surtout, comment géreront-ils les conséquences de la crise au sein de leur structure?

Anticiper fait également partie des projets sur lesquels les directions financières doivent focaliser avec la mise en place de chantiers de planification, de projets budgétaires dans une vision d’optimisation à moyen et long terme.

Q9- Qu’avez-vous prévu pour traiter de la  contribution du secteur bancaire ?

R9- Concernant ce sujet, je peux vous informer que les débats prévus à l’un des ateliers porteront notamment sur :

– La banque et l’accompagnement vers l’internationalisation,

– Sécurisation et optimisation  des  services de paiement bancaire,

– Le financement adapté  au besoin de l’entreprise,

– Proposition d’une liste de services adaptés à une période de crise,

– La banque et l’assistance au niveau de la gestion de la stratégie financière,

– Présentation d’une gamme  de produits de couverture contre les différents risques liés à une

  période de crise.

Q10- La lutte contre la corruption est également un thème prévu dans votre congrès. Quel est son rôle  dans la performance recherchée ?

R10- Bien entendu, l’environnement des affaires doit être favorable à l’entreprise pour développer ses activités avec le maximum de chances de réussite. Le phénomène de corruption se fait sentir de plus en plus dans cette période et constitue certainement une entrave à la performance.

Nous envisageons de donner des éléments de réponse à cette problématique notamment en associant les mécanismes de lutte contre la corruption à l’assainissement de l’environnement des affaires.

Q11- L’Etat a certainement un rôle à jouer ?

R11- Je considère que le rôle de l’Etat est prépondérant dans cette période post révolution. Son apport se situe essentiellement au niveau des réformes qu’il doit mettre en œuvre de telle sorte que l’entreprise puisse tirer profit de leur impact économique. A titre d’exemple, la réforme fiscale ferait partie d’un processus d’adaptation réglementaire très utile à l’entreprise.

D’autres mesures d’accompagnement pour la réussite de l’entreprise seraient également traitées pour mieux cadrer l’apport de l’Etat.

Certaines mesures devraient être mises en application telles que le partenariat public privé dont les textes d’application se font toujours attendre

S,R,

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