Dim. Mai 9th, 2021

Boudé par les Africains: Pourquoi l’enseignement supérieur privé n’attire plus les étrangers ?

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Tunis, L’EXPERT

Il y a une dizaine d’année, lors de sa création, l’enseignement privé semblait être destiné à un bel avenir, avec les infrastructures mises en place et l’engouement des bacheliers, Tunisiens et étrangers, en particulier des Africains, pour ces nouvelles institutions qui rapprochaient davantage l’étudiant de l’emploi et des entreprises et qui donnaient un enseignement de qualité, de l’avis même des connaisseurs.

Actuellement, l’enseignement supérieur privé a perdu de son allant, malgré le grand choix et la diversification et la qualité de l’enseignement dispensé par plus de 65 établissements supérieur privés, dans les différentes régions du pays.

Toutefois, différents ont interféré contre le bon fonctionnement de ce secteur, du moins depuis la révolution, notamment l’insécurité, le racisme, la concurrence du Maroc et du Sénégal, ainsi que l’absence de certaines filières qui attirent plus que les autres, notamment la médecine avec toutes ses branches et la pharmacie qui font le bonheur de certains pays de l’est européens très prisés par les étudiants tunisiens, notamment la Bulgarie et l’Ukraine.

Le démarrage des établissements d’enseignement supérieur privé aurait dû se faire sur les chapeaux de roue, mais les hésitations et les restrictions et les accrocs mis en place par le régime de Zine El Abidine Ben Ali ont retardé son décollage, surtout au niveau de l’application de la décision relative à la possibilité d’accueillir 20% du nombre des étudiants dans les établissements privés.

D’autre part, il semble que les opérateurs du secteur n’ont pas bien fait leur promotion à l’étranger, surtout que, durant l’année universitaire 2014/2016, sur les 30 mille étudiants qu’accueillent ces établissements, il n’y avait que 5000 mille étrangers, en totalité des Africains, surtout parmi ceux qui avaient déjà entamé leurs études, les années d’avant.

Un  autre facteur prédominant à l’origine de cette désaffection se situe au niveau du racisme qui gagne du terrain, en Tunisie, ce qui s’était vérifié, déjà, avec la présence de la Banque africaine de développement (BAD, dans notre pays, et les plaintes de ses responsables contre ce phénomène.

Une nouvelle donne a assombri davantage le paysage, avec le terrorisme et l’insécurité, à tous les niveaux, ce qui fait réfléchir les parents étrangers sur la possibilité d’envoyer leurs enfants étudier en Tunisie.

Entretemps, d’autres pays ont pris le relais, avec  des méthodes plus efficaces, notamment le Maroc et le Sénégal et, là, on s’interroge si nous avons les moyens de leur tenir tête, surtout qu’ils bénéficient d’une législation qui a tiré la leçon de toutes les erreurs commises, à ce niveau, en Tunisie, ainsi que la mise en place de filières attractives et très prisées, surtout comme c’est le cas au Sénégal, avec des facultés de médecine privées.

La Tunisie doit donc tirer la leçon de ces errements et reprendre le départ, sur de nouvelles bases qui prennent en considération toutes les données, à l’échelle nationale, tout en montrant que la Tunisie n’est pas un  pays raciste et que la sécurité n’est pas  un grand problème, surtout avec la vigilance des forces de sécurité tunisiennes.

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