Jeu. Mai 6th, 2021

Patronat : Un troisième syndicat, pourquoi ?

La nouvelle est officielle. Monsieur Ridha Chaara , ex président de la CONECT Tunis, soutenue par un grand nombre de chefs d’entreprises dont notamment Abdallah Ben Mbarek et Skander Sallami, se sont retirés de la Confédération créée à l’initiative de Tarek Cherif le lendemain des événements de 14 janvier 2011 et justifié par ses fondateurs que l’organisation mère, à savoir l’UTICA, ne répondait plus aux exigences de la période et que la confédération est beaucoup plus un think tank, une force de proposition sans nécessairement concurrencer l’UTICA.

A la surprise générale, un troisième syndicat des patrons vient de naître dont les fondateurs ne sont que des anciens piliers de la CONECT mais qui, à leur tour, justifient ce détachement par presque les mêmes arguments présentés par les fondateurs de la CONECT eux mêmes.

A notre humble avis, la multiplicité des avis et la divergence des idées est une richesse que l’on doit savoir gérer.

Est-il de l’intérêt de la Tunisie aujourd’hui, d’avoir une institution forte qui défend les intérêts des patrons ? et dans quelle mesure cet effritement pourrait aider nos entreprises à faire face à une conjoncture de plus en plus difficile et un contexte géopolitique extrêmement complexe.
Selon un article de notre confrère Moncef Mahroug, la nouvelle organisation patronale s’appelle Organisation professionnelle des entrepreneurs – Tunisia (OPEN TUNISIA). Elle voit le jour à l’initiative d’un groupe de personnalités -chefs d’entreprise pour la plupart- composé du président de la nouvelle organisation -Ridha Charaa, expert-comptable, actif également dans la formation (cabinet Elite), ancien président du bureau CONECT Tunis. Et des quatre vice-présidents -Kamel Ibn Ali (e-membre du bureau exécutif de la CONECT, gérant de KBA Today Consulting), Slah Mansouri (ancien membre du bureau exécutif de CONECT International, et gérant du cabinet «International Technical Consulting and Service), et Ali Karaouli (ancien président de CONECT Gafsa, et, last but not least, de Abdallah Ben Mbarek (ex-secrétaire général de la CONECT, qui a également occupé les mêmes fonctions à l’UTICA, dans une vie antérieure).
A ces «dissidents» de la CONECT s’ajoutent Mmes Nafissa Hana El Euch et Sonia Gharrabia, chefs d’entreprise et toutes deux vice-présidentes.

Entièrement dédiée aux PME-TPE
A première vue, OPEN TUNISIA ne se distingue en rien de l’UTICA et de la CONECT. Se présentant comme un «syndicat professionnel économique», le troisième syndicat patronal se veut, à la différence des deux autres, «dédiée surtout aux TPE/ PME».
OPEN Tunisia s’est fixé quatre objectifs. Le premier est d’«accompagner les entreprises dans tous les secteurs économiques, suivre de près leurs préoccupations et leurs attentes et défendre leurs intérêts auprès des autorités et de toutes les parties concernées au niveau national et international».
Le deuxième est de «définir les positions et les propositions» de ces entreprises, dans le but d’«assurer leur développement et leur pérennité» et «les défendre dans le cadre d’une approche d’ouverture et de partenariat avec toutes les parties prenantes».
Le troisième objectif que l’OPEN – Tunisia veut atteindre est de «mettre en valeur l’importance du rôle des entreprises et des entrepreneurs dans le développement économique et social du pays et la nécessité de l’amélioration continue et rapide du climat des affaires» aux niveaux national, régional et du secteur d’activité.
Le quatrième objectif est d’«œuvrer pour la mise en valeur des potentialités humaines et des richesses naturelles des différentes régions par l’encouragement de l’initiative privée, du partenariat public privé et d’une plus grande ouverture sur les marchés internationaux porteurs».
A peine son dossier -déposé le 13 juillet 2020- validé par les autorités, OPEN Tunisia s’est mise en mouvement. Lundi 7 septembre, son président, Ridha Chaara, et son secrétaire général, Abdallah Ben Mbarek, ont rencontré Nizar Chaari, le président directeur général de Tunivisions Group, pour discuter «des opportunités de partenariat potentielles afin d’aider les entreprises aux quatre coins» du pays.
Deux jours plus tard, mercredi 9 septembre, l’organisation signait avec l’Institut des Hautes Etudes – Tunis (IHET) une convention de partenariat «prélude à la signature d’une convention tripartite avec l’IHEC Montréal-Canada, pour la formation des futurs chefs d’entreprises».

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