Jeu. Nov 26th, 2020

Interview Express Doyen Jean-François POLI, universitaire, membre du conseil scientifique de l’Observatoire d’études géopolitique

D’après vous, où en sont les discussions entre les différentes parties belligérantes ? Y a-t-il eu des avancées ? Quel est le rôle du Maroc et la Tunisie ?

 

Les discussions entre les deux principales parties de la crise libyenne ont progressé. Il est déjà remarquable que diplomatie marocaine ait pu réunir autour d’une même tables, à Bouznika du 6 au 10 septembre, des responsables des deux camps, le Haut Conseil d’État de Libye  (Tripoli) et le parlement de Tobrouk. Une dynamique positive s’est enclenchée à Bouznika, dans la ligne de l’accord de Shkirat de 2015 et sous l’égide des Nations-Unies qui ont d’ailleurs salué la tenue de cette réunion, comme l’union africaine, l’Union européenne, la France, les Etats-Unis ou la Turquie. L’enjeu est de fonder un État fort dans l’intérêt des Libyens et de toute la région car le monde a besoin d’un État stable en Libye. Cela rend encore plus incompréhensible le silence d’une partie de la presse française!

Les avancées sont pourtant considérables. Les délégations du Haut Conseil d’Etat libyen et du parlement de Tobrouk ont annoncé qu’elles sont parvenues à un accord global sur les critères et les mécanismes transparents et objectifs pour occuper les postes de souveraineté. Les deux parties ont également convenu de poursuivre ce dialogue et de reprendre ces réunions durant la dernière semaine de ce mois afin d’achever les mesures permettant  l’application et l’activation de cet accord.

Le Maroc et la Tunisie ont eu la sagesse de  rester neutre de façon à aider à trouver une solution à la crise libyenne. A la différence de certains autres ces deux pays ont une position sage et responsable car ils n’ont jamais mis de l’huile sur le feu. Ils peuvent donc contribuer à faire avancer un processus de négociation. Le Maroc joue un rôle essentiel, ce qui confirme, si besoin était, qu’il est un acteur incontournable d’un point de vue géopolitique. Le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, a rappelé que son pays fait montre de «  dynamisme pour un règlement consensuel ». L’action diplomatique du Maroc est intense et s’inscrit dans la durée, ce qui fait que les dossiers sont suivis sur un temps long propice aux règlements des conflits dans des situations d’extrêmes tensions.

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