Un marché de plus de 400 millions de consommateurs, des avantages douaniers importants… mais un potentiel encore insuffisamment exploité par les entreprises tunisiennes. C’est l’un des constats mis en avant ce mardi 22 septembre 2026 par Oussama Ben Khalifa, directeur adjoint et expert en commerce extérieur à la Chambre de commerce et d’industrie de Tunis.
À l’occasion d’un atelier national consacré à la promotion des avantages accordés dans le cadre de la Grande zone arabe de libre-échange, le responsable a insisté sur la nécessité de transformer les mécanismes commerciaux existants en opportunités réelles pour les entreprises tunisiennes, notamment les PME.
400 millions de consommateurs : un marché considérable
Le marché arabe représente, selon Oussama Ben Khalifa, un bassin de plus de 400 millions de consommateurs.
La Grande zone arabe de libre-échange offre par ailleurs plusieurs avantages aux opérateurs économiques, notamment l’exonération des droits de douane pour les échanges de produits respectant les règles d’origine applicables.
Sur le papier, les conditions semblent donc réunies pour permettre aux entreprises tunisiennes de renforcer leur présence sur les marchés arabes.
Mais les PME tunisiennes restent loin du plein potentiel
Le principal problème se situe désormais dans la capacité des entreprises à exploiter effectivement ces avantages.
Selon Oussama Ben Khalifa, les entreprises tunisiennes, particulièrement les PME, ne tirent pas encore pleinement profit des opportunités offertes par la Grande zone arabe de libre-échange.
Il explique cette situation notamment par une connaissance insuffisante des règles d’origine arabes, mais aussi par les difficultés liées aux certificats d’origine et aux documents exigés pour accéder aux marchés concernés.
Les procédures administratives, un frein à l’export
La maîtrise des règles d’origine constitue un élément déterminant pour bénéficier des avantages douaniers.
Pour les entreprises, la compréhension des procédures, la préparation des documents commerciaux et l’obtention des certificats nécessaires peuvent ainsi devenir des obstacles à l’exportation.
Un défi particulièrement important pour les PME, qui disposent souvent de moyens humains et administratifs plus limités pour gérer les procédures liées au commerce extérieur.
Les chambres de commerce appelées à jouer un rôle central
Face à ces difficultés, Oussama Ben Khalifa a insisté sur le rôle des chambres de commerce, appelées à agir comme des intermédiaires pour accompagner les entreprises.
Leur mission consiste notamment à simplifier les procédures, fournir des informations précises et orienter les opérateurs économiques sur les conditions d’accès aux différents marchés arabes.
L’objectif est de permettre aux entreprises de mieux comprendre les mécanismes de la zone de libre-échange et de réduire les obstacles administratifs qui peuvent freiner leurs exportations.
La Chambre de commerce de Tunis renforce ses services
Le responsable a également affirmé l’engagement de la Chambre de commerce et d’industrie de Tunis à renforcer ses services destinés aux entreprises.
Cet accompagnement concerne notamment la délivrance des certificats d’origine, la légalisation ainsi que l’authentification des documents commerciaux.
Des services qui peuvent jouer un rôle important dans la sécurisation et la facilitation des opérations d’exportation vers les marchés arabes.
L’enjeu : transformer un avantage commercial en croissance réelle
Le débat dépasse ainsi la seule question des accords commerciaux.
Pour la Tunisie, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les avantages de la Grande zone arabe de libre-échange se traduisent concrètement par davantage d’exportations, de nouveaux marchés et de nouvelles opportunités pour les entreprises tunisiennes.
La question est particulièrement stratégique pour les PME, qui constituent une grande partie du tissu entrepreneurial et qui doivent pouvoir disposer d’un accompagnement adapté pour conquérir de nouveaux marchés.
Un atelier national pour passer à l’action
C’est dans cette perspective qu’un atelier national consacré à la promotion des avantages accordés dans le cadre de la Grande zone arabe de libre-échange a été organisé ce mardi 22 septembre 2026 à Tunis.
L’événement a réuni des représentants des secteurs public et privé, avec pour objectif de mieux faire connaître les mécanismes existants et de renforcer leur utilisation par les entreprises.
Le marché arabe est immense. Les avantages commerciaux existent. Mais entre l’accès théorique à 400 millions de consommateurs et la conquête effective de ces marchés, les entreprises tunisiennes doivent encore franchir un obstacle majeur : maîtriser les règles, simplifier les procédures et transformer les accords en véritables contrats commerciaux.




















