À quelques heures d’un mouvement de grève annoncé dans le transport des hydrocarbures, la tension monte entre les structures patronales et la partie syndicale. La Chambre nationale de transport des matières dangereuses et la Fédération nationale du transport, relevant de l’UTICA, affirment que les entreprises du secteur seront mobilisées pour assurer normalement l’approvisionnement du marché les 23 et 24 septembre 2026.
Les entreprises promettent de maintenir l’approvisionnement
Dans un communiqué publié lundi, les deux structures patronales ont assuré que les sociétés de distribution pétrolière, les entreprises de transport de carburants et les stations-services poursuivront leurs activités et continueront à approvisionner le marché durant les deux journées annoncées pour la grève.
L’objectif affiché est de garantir la continuité de l’approvisionnement en carburants et d’éviter toute perturbation des activités du secteur.
L’UTICA conteste la légalité du mouvement
La Chambre et la Fédération affirment que les sociétés de transport concernées n’ont reçu aucun préavis de grève légal, au regard des dispositions de l’article 376 et suivants du Code du travail.
Elles considèrent par conséquent que tout arrêt de travail ou toute entrave à la circulation des camions-citernes serait illégal, selon leur communiqué.
Cotisations sociales : les entreprises répondent aux revendications
Sur les questions sociales invoquées pour justifier le mouvement, les structures patronales affirment que les entreprises du secteur respectent les dispositions relatives à la couverture sociale et à la sécurité professionnelle.
Elles reconnaissent toutefois que des difficultés financières ayant entraîné des retards dans le paiement des cotisations à la Caisse de sécurité sociale ont concerné deux entreprises seulement, mais assurent que cette situation a depuis été entièrement régularisée.
Pour les représentants patronaux, cette régularisation ne justifierait donc plus le recours à la grève.
Le dossier salarial au cœur du conflit
Le volet salarial reste également au centre du bras de fer.
La Chambre nationale et la Fédération nationale du transport contestent la demande d’application du procès-verbal de la réunion du 2 mai 2019, estimant que ce texte a été annulé depuis plusieurs années.
Les deux structures affirment parallèlement que les entreprises du secteur se sont engagées à appliquer les augmentations légales convenues pour les périodes 2018-2019 et 2022-2024, ainsi que les augmentations décidées par décret présidentiel le 30 avril 2026 pour la période 2026-2028.
Les hausses de salaires face à l’explosion des coûts
Les représentants patronaux soulignent également que la totalité des ajustements tarifaires accordés par l’État a été réinjectée dans le financement des augmentations salariales.
Ils estiment toutefois que ces ajustements demeurent insuffisants pour couvrir l’ensemble des coûts et des revendications du secteur, mettant ainsi en avant les difficultés économiques auxquelles font face les entreprises de transport.
Le dialogue social reste ouvert
Malgré le conflit, les structures patronales assurent que le dialogue social au niveau des entreprises reste ouvert afin de tenter de résoudre les difficultés susceptibles de surgir.
De son côté, le département du secteur privé relevant de l’UGTT avait annoncé, le 27 août dernier, un préavis de grève dans le secteur du transport des hydrocarbures pour les 23 et 24 septembre 2026.
23 et 24 septembre : deux journées sous haute tension
À la veille des dates annoncées, les deux parties campent donc sur des positions différentes : l’UGTT maintient son préavis de grève, tandis que les structures patronales affirment que les entreprises poursuivront normalement l’approvisionnement du marché et contestent la légalité du mouvement.
Les 23 et 24 septembre pourraient ainsi constituer un moment décisif pour le secteur du transport des hydrocarbures, avec en toile de fond des revendications sociales, des questions salariales et les difficultés financières des entreprises.




















