mer. Août 5th, 2020

L’interview de Fakhfakh sous la loupe de Narjess Babay

Dans un statut facebook publié ce matin, l’experte en communication Narjess Babay a écrit :

Comme tout le monde , j’ai suivi le mot du CDG , ne m’attendant pas à des miracles je n’étais ni ravie , ni déçue … et c’est la le problème à mon avis … cette accommodation avec le « mieux que rien » … dans une atmosphère de fin du monde … la fin d’un certain monde.
Je ne vais pas critiquer les journalistes car je trouve que leur prestation n’a pas été pire que le traitement médiatique global de cette crise, sauf quelques exceptions … mais ce qui me choque le plus est tout d’abord le format inapproprié qu’on reproduit pour la nième fois, les protagonistes sont perdus dans cet espace sans fin et dont l’immensité domine les personnages . l’arrière plan du CDG est surchargé, sans aucune sobriété et où le drapeau, symbol de solennité et de souveraineté de l’Etat est tristement flétri au milieu de cette froide mosaïque aux dessins naïfs et ces pieces de meubles clinquants sans rapport avec le contexte de l’interview … la posture trop décontractée pour la gravité du moment, le mot guerre ayant été prononcé plusieurs fois , mais loin d’être scénarisé … ce format, fade selon beaucoup, ne laisse passer que très peu d’émotions ( tout se perd malgré les plans serrés à répétition ) … il fallait garder une certaine verticalité face à la crise, la posture affalée n’étant pas la plus jupiterienne … Opter pour un espace plus dynamique rappelant une cellule de crise dotée de moyens modernes, connectée au monde qui lutte pour sa survie , pas une Salle de bal … totalement impersonnelle aurait eu plus de sens. Ces grands RV avec le peuple et avec l’histoire doivent être l’occasion de faire passer plus d’un message et où chaque détail , sous les loupes de la caméra, doit y contribuer , hors prestation verbale … Et puis de grâce , en finir une fois pour toute avec ces interviews mi-préparées, mi- spontanées qui altèrent la sincérité du message, autant faire un discours unidirectionnel et marquer la gravité du moment …. figer le temps à travers une prestation historique rendant grandeur et assurance à la nation, voilà qui pouvait correspondre aux attentes d’un peuple en mal de leader clairvoyant et protecteur … et puis la présence des journalistes supposés jouer le rôle de contradicteurs dans une tentative de pousser l’exercice démocratique á son paroxysme est tout simplement anachronique… la seule doctrine qui prévaut en ces temps éprouvants est celle de l’union sacrée et non une quelconque défiance de façade du sommet de l’Etat . Une seule certitude émerge pourtant de nos jours : Tous les anciens paradigmes sont en train de sauter … l’a t-on saisi ??
Mais sur le fond, Je m’attendais à beaucoup plus de précisions concernant les volets économique et strategique surtout que la date de l’allègement du confinement a bien été annoncée dès le début de l’intervention et qu’elle est tres proche, trop à mon sens … il y avait de l’assurance , mais qui a frôlé à maintes reprises l’arrogance de celui qui a tous les pouvoirs et qui n’a cessé de rappeler qu’on était en guerre pour le justifier…Mais arrêtons un peu de jouer avec cette notion de guerre , je le dis en passant, Le plus dur à subir dans cette crise étant la distanciation physique ( appellation préférée de l’OMS ) et le confinement général avec toutes ses conséquences sociales , économiques et psychologiques … et ce ne sont pas des mesures propres á une guerre … D’ailleurs tous ceux qui ont avancé ce terme pouvant justifier le recours à des surpouvoirs, sont en train de revoir leur lexique.
sinon il était déterminé et c’est important .

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