mer. Août 5th, 2020

Nécessité de rétablir la confiance : Ennahdha dans des mauvais draps

Neuf ans après la révolution, seuls les opportunistes, les résidus de l’ancien régime et les pêcheurs en eau trouble ont adhéré au mouvement Ennahdha. Grâce à eux, le mouvement qui se veut islamiste a pu s’installer en tant que force politique incontournable sur la scène politique, avec la plupart de ses adhérents et de ses sympathisants qui cherchent à fuir leur devoir de bon citoyen, et avec mon expérience en tant que journaliste qui a subi le joug de la dictature, je sais de quoi je parle, avec des arguments incontestables et indélébiles, preuves à l’appui, pour de nombreux « sympathisants » du mouvement islamiste.

Le proverbe dit « si la parole est d’argent, le silence est d’or », mais, aujourd’hui, le silence ne vaut plus rien, surtout que le pays est à la dérive, par la faute de ceux qui avaient fait allégeance à Zine El Abidine Ben Ali et qui sont, toujours, ceux qui profitent le plus de la Révolution et de leur « nouvelle allégeance » au mouvement Ennahdha. Hommes d’affaires corrompus, responsables politiques n’ayant plus de place sur la scène, citoyens se faisant « croyants » et, même, journalistes ayant un triste passé, se sont ralliés à ce mouvement. D’ailleurs, personne ne peut oublier la prolifération de « Mouhajjabets » et de « Kamiss » afghans, depuis l’aube de la révolution, pour faire allégeance à Rached Ghannouchi, avec, même, certains qui avaient scandé des slogans le comparant au prophète Mohamed, avec « Talaa al badrou alayna », lors de l’atterrissage de son avion à l’aéroport international Tunis Carthage.

Mais, le temps de l’euphorie est passé, et maintenant les citoyens commencent à se rendre compte qu’ils ont été trompés et que les pseudo-défenseurs de la religion ne sont que des rapaces dont le seul objectif est de se remplir les poches et la panse, en instaurant un « khilafa » dont le seul objectif est de mettre en place une dictature, sous couvert de la religion.

Des défections qui feront tâche d’huile

Beaucoup d’indices sont là pour prouver le désamour des électeurs, avec le mouvement islamiste a perdu un million, au moins, depuis le début de la révolution, ainsi que le retour de manivelle avec les démissions de cadres prometteurs, notamment Lotfi Zitoun qui, dans le passé, défendait bec et ongles, son parti, mais qui a été déçu par le comportement et l’avidité de ses dirigeants.

L’un des hauts cadres de ce mouvement et qui a occupé divers postes ministériels a jugé bon de juger l’éponge, face aux tergiversations du chef éternel du mouvement islamiste. Son intervention, lors de la séance plénière consacrée au vote de confiance pour le gouvernement de Habib Jemli est comme un coup de tonnerre, avec une attaque acerbe, considérée comme le pire camouflet infligé à Ennahdha, par l’un de ses membres, bien que Ladhaari a, en fin de compte, préféré faire partie des abstentionnistes, parce qu’il était sûr que « son parti » avait déjà perdu la partie. Pourtant, Ladhaari reste une valeur sûre, dans n’importe quel gouvernement. Il est certain, aussi, qu’il est capable de réunir d’autres nahdhaoui, déçus par Ghannouchi, pour servir de la meilleure manière le pays, surtout qu’on sent en lui des valeurs patriotiques, loin de tous calculs politicards.

D’autres, encore, prévoyaient cette défaite cinglante, notamment Mohamed Ben Salem qui n’avait pas « tari » de critiques contre Rached Ghannouchi, depuis un certain temps, sans, toutefois, chercher à faire partie de ses opposants

Face à cette contestation, Rached Ghannouchi préfère une fuite en avant, avec un vil esprit de la « ghanima ». Il croyait que c’est de son droit de nommer son neveux Habib Khedher à qui il a accordé le rang et les privilèges de ministre, alors que ses prédécesseurs n’avaient que le rang de secrétaires d’Etat, comme si cela ne suffisait pas, après les compensations que les Nahdhaouis avaient obtenues, aux frais de la princesse, alors que les parents des martyrs et les blessés de la Révolution attendent encore la liste officielle, pour être dédommagés.

L’énigme des assassinats politiques

Si on revient aux assassinats de Chokri Belaïd et Haj Mohamed Brahmi, il est facile de penser qu’il n’y a pas photo, pour accuser ce mouvement d’être mêlé de près ou de loin à ces meurtres, surtout que c’est lui le seul bénéficiaire. Sinon, à qui profiteraient de tels assassinats, dans la conjoncture au cours de laquelle ils s’étaient passés.

Rappelons, aussi, les milliards obtenus par Bouchlaka, le gendre de Ghannouchi, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères et dont le sort demeure inconnu, jusqu’à ce jour.

Ghannouchi, dans un acte de désespoir, vient d’engager un bras-de-fer, avec le président de la République, Kaïs Saïd, qui, pour sa part, doit revoir ses comptes, dans un combat inégal qui ne lui est pas favorable, dans une fuite en avant, pour redorer son blason.

Cela ne peut pas marcher, avec des Nahdhaouis qui s’enrichissent à outrance, alors que le peuple se morfond dans sa pauvreté et qu’on n’a plus les moyens de réaliser des projets de développements et de créer des emplois.

Ghannouchi a profité de la crédulité d’une catégorie de citoyens qui croyaient qu’il est le défenseur de l’Islam et des Musulmans, mais, ces derniers, ont compris la magouille, parce que tout ce qui a été fait n’a servi qu’une catégorie de pervertis qui ont trouvé un refuge auprès du mouvement islamistes, pour leur intérêt personnel.

Maintenant que le navire d’Ennahdha prend l’eau, il est certain que le peuple et les députés des autres partis n’ont plus à craindre ce monstre aux pieds d’argile. Et, même si nous sommes obligés de refaire les élections, le principal perdant sera le mouvement islamiste qui a fait son temps et qui ne peut plus leurrer personne.

En tant que journaliste ayant fait ses preuves, je n’ai aucun ressentiment contre aucun parti politique quelle que soit son orientation, mais je haie tous ceux qui cherchent à nuire à la Tunisie.

ABOU NAÏM

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