Sam. Fév 27th, 2021

Le ministre du tourisme, René Trabelsi : Bilan prometteur, mais… une œuvre à compléter

L’EXPERT – Une page sera totalement tournée, après la formation du nouveau
gouvernement, alors que rares sont les ministres sortants qui peuvent se prévaloir d’avoir
laissé une empreinte, dans le département qu’ils avaient dirigés et qu’ils occupent, encore,
en attendant leur remplacement. L’un de ces rares ministres et celui qui a bravé tous les
obstacles et les difficultés est, sans aucun doute, René Trabelsi, ministre du Tourisme et de
l’Artisanat auquel on a adjoint celui du Transport, après la vacance de ce poste. L’espoir
est, après tout ce qu’il a fait pour le tourisme, est de le laisser poursuivre sa mission, en tant
qu’indépendant et professionnel ayant une renommée auprès des marchés porteurs et qui,
malgré la conjoncture continue son œuvre, pour l’essor de la Tunisie et le rayonnement de
son image.
Le ministre du tourisme René Trabelsi vient de faire, récemment, son bilan au cours de son
passage à la chaîne d’Al Hiwar Ettounsi précisant avoir réussi sa mission et que « les résultats
sont là. Mon bilan est excellent. L’année 2019 a été exceptionnelle, avec 8,4 millions de
touristes étrangers au 20 novembre. L’objectif de 9 millions pour l’année, que je m’étais fixé
à mon arrivée, devrait-être atteint. Les recettes touristiques ont bondi de 42,5 % », s’est-il
félicité « En 2018, le pays a accueilli 8,3 millions de visiteurs. Pour accélérer la dynamique,
nous entendons diversifier notre offre et promet une prochaine ouverture du ciel.
La France, ajoute-t-il, compte plus de 60 millions d’habitants, elle reçoit plus de 65 millions
de touristes. Pareil en Espagne. La Tunisie doit psychologiquement dépasser son nombre
d’habitants par celui de touristes. On doit dépasser les 12 millions de touristes », a-t-il
souligné. » Il suffit qu’on augmente de 30 % le nombre de touristes en basse saison » a-t-il
encore dit. 2020 devrait afficher une nouvelle croissance, avec en ligne de mire la barre des
10 millions de visiteurs. Pour y parvenir, la Tunisie tente de sortir du balnéaire tout inclus et
vise notamment les amateurs de golf, de circuits culturels, de thalassothérapie et de tourisme
médical, le tourisme alternatif et responsable
A propos de l’aérien, le ministre du tourisme a indiqué qu’il est vraiment urgent d’agir car le
transport aérien est la clef pour le tourisme. La Tunisie est favorable à l’ouverture du ciel.
Nous avons paraphé les accords avec l’Union européenne. Personnellement, je suis pour
l’open sky en Tunisie, c’est très important pour nous ».lui, ce qui bloque l’affaire de l’Open
sky avec l’Union Européenne, c’est le problème du Brexit, mais, « je pense que ça va être fait
d’ici fin février 2020. Les compagnies pourront atterrir sur les aéroports, sauf Tunis-Carthage.
Nous avons déjà discuté avec des compagnies low-cost concernant leurs projets en 2020.
Nous avons déjà évoqué des développements possibles avec Ryanair, qui envisage de
s’installer dans certains aéroports secondaires du pays ».
En attendant, ces arrivées les capacités aériennes vont multiplier leurs fréquences, grâce aux
charters, soulignant que « Tunisair est en train de se restructurer .C’est une compagnie qui a
besoin de renouveler sa flotte. Elle est dépendante du tourisme, Je pense que d’ici quelques
mois, les choses vont rentrer dans l’ordre. Un ATR vient de débarquer à Tunis pour
développer ses lignes intérieures .Tunisair recevra des Airbus tout neuf, d’ici le début de
2020″ rassure-t-il.

A propos de sa participation au prochain gouvernement, René Trabelsi a tout simplement que
« ça se discute », soulignant que « ce ministère doit être apolitique et géré par un indépendant »,
ajoutant que s’il sera reconduit dans son poste il entamera plusieurs réformes du secteur en
profondeur car, dit-il, un an ne m’a pas permis de tout revoir et il il reste beaucoup de choses à
restructurer.
Retour des croisiéristes
Par ailleurs, le ministre a tout fait pour que les croisiéristes reviennent en Tunisie, et il a réussi
ce pari, en associant tous les départements concernés. Les sites archéologiques de Carthage,
Sidi Bou Saïd et la médina de Tunis ont été investis, récemment, par les croisiéristes ayant
accosté au port de la Goulette à bord de l’ »Amera » de l’armateur Mediterranean Shipping
Compagny (MSC).
Selon le ministère des Affaires Culturelles, l’accueil des touristes a été à partir du port de la
Goulette, par le personnel de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de la promotion
culturelle (AMVPPC). L’agence œuvre à la mise en application de la politique culturelle en
matière de sauvegarde et valorisation du patrimoine culturel et historique du pays.
Le ministère indique que ce bateau de croisière venant de Malte constitue le premier à avoir
accosté en Tunisie depuis le mois de Mars 2015. Quelques 1090 touristes dont 644 sont de
nationalité allemande sont à bord du bateau, selon un chiffre du ministère du Tourisme et de
l’Artisanat.
La rupture des croisiéristes qui a duré près de cinq ans avait été en lien avec la situation
sécuritaire dans le pays au lendemain de la révolution. Ce retour sur la Tunisie témoigne
d’une destination sûre pour les armateurs et leur clientèle.
Ces visites s’inscrivent dans le cadre du circuit touristique et culturel souvent proposées aux
touristes. Outre les visites des sites archéologiques, il est proposé aux croisiéristes une visite
au village touristique de la Goulette et au village pittoresque de Sidi Bou Saïd et lieu de vente
des produits d’artisanat. La visite de la médina de Tunis constitue un passage obligatoire pour
les visiteurs étrangers, le temps de faire le tour des principaux monuments historiques. La
mosquée de la Zitouna et l’activité culturelle et artistique qu’offre la vieille cité sont des points
d’attraction pour les visiteurs étrangers.
Le tourisme de croisière est un créneau porteur qui permet une dynamique occasionnelle pour
le tourisme culturel. Un constat qui s’explique par une activité en berne des croisiéristes sur la
destination Tunisie alors que la grosse part des croisières se passe actuellement sur d’autres
destinations. Après les 900 mille croisiéristes venus en 2010, l’affluence avait encore chuté
entre 2012 et 2014 pour se situer entre 450 et 600 mille touristes. Une courbe descendante
durant toutes les dernières années qui avaient rendu difficile la chance de redémarrer sur les
chiffres des anciennes statistiques.
René Trabelsi avait annoncé, auparavant, la relance du tourisme de croisière pour la période à
venir. Le nombre de bateaux de croisière qui devraient accoster à la Goulette sera revu à la
hausse pour renouer avec près d’un million de touristes enregistrés en 2010. Une évolution
qui ne manquera pas d’avoir des retombées sur le tourisme culturel et la richesse patrimoniale
et archéologique dans le pays qui constitue un point d’attraction ciblant beaucoup plus le
tourisme balnéaire dans les unités hôtelières.
Retour des investissements
La même période a été marquée, aussi, par les efforts pour la réouverture des unités hôtelières
fermées, à la suite de la crise connue par le secteur. A cela s’ajoute, aussi, les investissements
dans le secteur avec un nouveau complexe touristique réalisé à Tozeur, par « Qatari Diar » qui
sera inauguré, au début du mois de décembre 2019, en présence de personnalités arabes et
internationales.

Intervenant, au cours d’une conférence de presse, à l’occasion de la 3ème édition des Dunes
électroniques, les 16 et 17 novembre, à Ong Jmal, à Nefta, René Trabelsi a indiqué que ce
nouveau complexe de 5 étoiles composé de villas de luxe sera l’un des principaux hôtels
luxueux de la chaîne Anantara.
Cette unité hôtelière devrait attirer les marchés asiatiques dont les Chinois et les Japonais,
ainsi que le marché américain, précise-t-il soulignant que ces marchés apprécient,
particulièrement, les activités sportives dont le golf.
Ces marchés, a-t-il avancé, ont un important taux de rendement atteignant 1500 à 3000 dinars
par touriste et par nuitée.
Et d’ajouter que cette nouvelle unité permettra, également, d’attirer des équipes sportives pour
s’entrainer dans cette région caractérisée par la douceur de son climat en hiver.
Le ministre a signalé qu’au cours de cette même période, la ville de Dégache sera proclamée
ville touristique et ce, à la demande de son conseil municipal.
Il a souligné dans ce cadre que cette zone est dotée d’un patrimoine touristique non valorisé,
malgré le fait que la majorité des circuits touristiques passent par la délégation de Dégache.
Il a mis l’accent par ailleurs sur l’importance du festival des Dunes électroniques en termes de
création d’une dynamique touristique et commerciale dans la région.
Cette édition, marquée par la visite de plus de 5 mille participants dont près de 1000 touristes
et le reste des tunisiens de différentes régions, a généré environ 5 millions de Dinars.
Le ministre a souligné dans ce cadre que plusieurs opportunités de diversification des produits
touristiques sont offertes par la région, outre les possibilités d’attraction de producteurs de
cinéma et de stylistes tunisiens et étrangers.
Trabelsi a par ailleurs mis l’accent sur l’importance du transport aérien dans la réussite de la
saison touristique hivernale. Des efforts sont déployés, a-t-il dit, pour activer les vols internes
entre Tunis et Tozeur, afin d’attirer les touristes vers le sud tunisien, à l’occasion des
événements culturels et touristiques, à l’instar du festival international du film et du festival
international des oasis, prévus en décembre 2019.
Festival grandiose et assistance de marque
Le festival « Les Dunes Electroniques » a offert à Onk Jmal à Nafta une programmation
électronique éclectique, le tout dans une ambiance intimiste. Du 16 au 17 novembre, une
trentaine d’artistes emblématiques de la scène électro ont envahi Nafta pour deux soirées
vrombissantes pendant 30h sans interruption. Au programme : des têtes d’affiches mais aussi
des découvertes qui ont transformé le Sahara en un gigantesque dancefloor éphémère, pied
dans le sable et vue sur le désert : un pari fou, relevé́ avec succès depuis l’année dernière.
D’année en année, ce festival, dans sa deuxième édition, réaffirme sa volonté de tunisiens et
artistes étrangers de tout bord musical au cœur du désert tunisien, là où George Lucas a tourné
la saga Star Wars, que les amateurs de musique se sont éclatés
Ce festival comme l’a précisé le ministre du tourisme, René Trabelsi, contribuera fortement à
sonner le début de la saison touristique et de l’accueil des vacanciers, car le caractère
événementiel de ce festival attire la curiosité et porte en lui la capacité de solliciter un plus
large public ou d’entretenir la demande locale et internationale. Ces Dunes Electroniques
représentent un formidable rendez-vous pour le tourisme culturel. Le taux d’occupation
dépasse largement la capacité hôtelière. Pendant un weekend, la ville de Nafta est pleine, les
hôtels, les maisons d’hôtes… La présence de touristes étrangers est de plus en plus visible
d’une édition à l’autre, mais qu’ils soient nationaux ou étrangers, les touristes sont bel et bien
là.
Ce festival devient un outil de promotion touristique grâce à son insertion territoriale et à
l’augmentation du nombre de festivaliers. Il ne cesse de créer une image du lieu permettant au
Sud tunisien d’apparaître comme attractif sur une carte du tourisme. L’impact des Dunes

Electroniques ne se limite pas à l’industrie du spectacle. Commerces, artisans, transports,
restauration, hôtellerie, etc. Au total, des centaines emplois directs et indirects bénéficient du
festival. Durant le festival, les hôtels connaissent une croissance moyenne de leurs chiffres
d’affaires de 20 à 30 %. D’ailleurs, durant les 9 premiers mois de cette année 2019, de janvier
à septembre, la région du Sud, Gafsa-Tozeur a réalisé 263 923 nuitées, en hausse de 26,3%. A
Kébili-Douz, les nuitées se sont élevées à 151 231 nuitées, en augmentation de 27,8%.
La liste des célébrités ayant participé à ce festival est bien longue ! La présence d’une
diversité d’artistes de renom témoigne de l’attractivité du Festival à l’international, ce qui
offre une formidable caisse de résonnance pour l’image de la Tunisie. De plus, la présence de
telles têtes d’affiche permet de susciter l’intérêt de la presse internationale, qui vient être
appuyée par l’action des artistes eux-mêmes qui mènent des campagnes de communication
valorisant l’image de l’évènement et du pays hôte.
En médiatisant leur participation au festival des dunes électroniques, les grands noms de la
musique sont régulièrement amenés à évoquer la Tunisie sur leurs réseaux sociaux, leurs sites
web ou encore leurs « fan pages ». En se positionnant comme de réels ambassadeurs, ces
artistes offrent ainsi un relais inestimable pour faire rayonner l’image de la Tunisie à
l’étranger.
Qui peut mieux faire, qu’il se présente.

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